Eradiquer les freins à la promotion de l’entrepreneuriat pour une meilleure croissance économique…

Article : Eradiquer les freins à la promotion de l’entrepreneuriat pour une meilleure croissance économique…
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Eradiquer les freins à la promotion de l’entrepreneuriat pour une meilleure croissance économique…

Le continent africain est une terre d’opportunités et entame sa phase de développement de l’entrepreneuriat.

Dans cet article, j’identifie des difficultés, qui selon moi seraient des barrières à lever pour permettre de promouvoir et de développer l’entrepreneuriat, à savoir:

A- La difficulté à dissocier la question de la propriété

En effet, on doit comprendre qu’une entreprise quand elle est créée, est une personne morale et non, physique.

Or en Afrique, on a encore du mal à dissocier la vie professionnelle (entreprise) de la vie personnelle (Personne physique).

L’argent de la société ne doit pas être utilisé à des fins personnelles (comme par exemple: payer son loyer, faire des achats personnels, aides à la famille ou autres) mais plutôt servir aux intérêts de la société. Et inversement les apports faits pour la société restent pour la société.

Cependant, quelques fois le chef d’entreprise est contraint d’abdiquer sous la pression de son entourage.

Ainsi donc, le manque d’évolution rapide des mentalités n’est pas encore favorable à la culture de l’entreprise. Et pourtant, le porteur de projet a besoin d’être en phase avec cela et être compris au sein de sa famille pour mener à bien son projet. Ce qui reste encore très difficile, mais non désespérant.

B- Une culture entrepreneuriale peu développée sur le continent 

Je dis toujours que se lancer dans l’entrepreneuriat est une vraie aventure avec tout son lot d’obstacles et d’étapes à valider, mais en Afrique c’est pour le moment encore plus difficile.

La culture entrepreneuriale est selon moi encore peu répandue auprès notamment des jeunes africains et encore moins auprès des femmes.

Heureusement, on voit émerger des créateurs œuvrer en la matière et innover de façon incroyable sur des projets d’entreprise. Et ces entrepreneurs doivent être des exemples et modèles de réussite et de motivation pour les candidats à la création d’entreprise.

Communiquer et promouvoir, développer, encourager et soutenir les initiatives serait une première grande étape importante pour le développement de l’entrepreneuriat sur le continent. Par la suite, les actions de développement et de soutien pourront ainsi avoir plus d’impact.

C- Le manque de diversification des sources de financement pour les porteurs de projet

Une des difficultés majeures rencontrées par un porteur de projet que ce soit en Afrique, en Europe ou encore sur un autre continent, c’est l’accès au financement.

Comment pouvoir financer son projet?  Quelle personne pourrait croire en notre projet au point d’y investir?  Quel organisme serait prêt à nous accompagner financièrement dans ce projet?  Quelles sont les personnes au sein de mon entourage qui pourraient m’aider à investir dans ce projet ?

Toutes ces questions nous ont pour la plupart au moins traversé l’esprit ?

Et un entrepreneur a besoin disons le clairement de « cash » pour investir dans son capital, l’achat de ses marchandises, le besoin en fonds de roulement, son installation physique, le financement de ses équipements, etc…

Bien entendu, nous rencontrons des personnes qui démarrent un projet sans investir du capital au départ, mais qui pour le développer plus tard auront toujours besoin de fonds.

Comme le disait un entrepreneur rencontré lors d’un évènement sur les créateurs d’entreprises: « Quand on est pauvre, on est intelligent. Quand on est riche on est bête ». La phrase peut choquer sans doute quelques personnes mais dans le fond, je pense qu’il convient à la situation de l’Afrique. Ce sont les créateurs qui ont un accès difficile au financement qui arrivent à trouver des idées innovantes et à les lancer avec un capital très faible voire même inexistant.

Améliorer et diversifier ce secteur permettrait à bon nombre de futurs créateurs d’envisager l’avenir sous un meilleur angle et de se lancer.

Il existe différentes formes de financements telles que :

  • Les banques traditionnelles qui pour la plupart ont une branche dédiée aux professionnels et qui en plus prodiguent des conseils adaptés à la gestion des biens financiers de l’entreprise.
  • Les Business Angels : sont des actionnaires qui vont investir dans le capital de la société s’ils croient au potentiel de l’entreprise en mettant à disposition non seulement les fonds attendus mais également l’expérience, les compétences, le réseau et parfois une partie de leur temps. Cependant, cet investissement a un coup (parfois risqué) car cette personne sera aussi actionnaire d’une partie (au préalable négociée avec le porteur de projet) des parts de l’entreprise.
  • Les organismes de financements spécialisés dans l’octroi de prêt des porteurs de projet et qui pour la plupart prodiguent des conseils et accompagnements pour les créateurs.
  • Les incubateurs d’entreprises : qui sont des structures d’accompagnement de projets de création d’entreprises. L’incubateur peut apporter un appui en termes d’hébergement, de conseil et de financement, lors des premières étapes de la vie de l’entreprise.
  • Le crowfunding (ou love money) : est un type de financement participatif qui permet à un porteur de projet en recherche de financement de récolter des fonds pour son projet. Dans la plupart des cas, c’est l’association d’un grand nombre de personnes investissant un petit montant qui permet aux porteurs de projets de trouver les fonds demandés. Ce mode de financement est également un moyen de fédérer le plus grand nombre de personnes autour de son projet. Elle prend 4 formes :​
    • Le don : Une personne physique ou morale (une entreprise) donne une somme sans rien attendre en retour « c’est un don ».  Généralement cette catégorie de financement est propre aux actes associatifs ainsi qu’aux projets personnels.
    • La récompense : Une personne physique ou morale (une entreprise) donne une somme en échange d’une récompense. Le porteur de projet peut choisir de donner en échange d’un financement: un cadeau. Par exemple, pour un porteur de projet qui souhaite se lancer dans la création de T-Shirt et qui souhaite collecter des fonds ; il pourrait offrir des T-shirts à chaque participant à sa collecte une fois le projet terminé.
    • Le prêt : Une personne physique  prête une somme afin de financer un projet. La somme prêtée doit être rendue avec ou sans intérêts et c’est au porteur de projet d’en décider.
    • L’investissement participatif : Une personne physique ou morale (une entreprise) accepte d’investir dans un projet à condition d’acquérir des parts dans l’entreprise financée directement ou indirectement.

D- Le manque de solutions concrètes pour accompagner les porteurs de projet à toutes les étapes de la création

Allant de l’idée jusqu’à la gestion de la structure en passant par l’étape de la création, l’entrepreneur a besoin d’être accompagné et ne pas être seul.

Pouvoir échanger sur ses différentes inquiétudes, interrogations, pouvoir tester la viabilité de son projet, pouvoir bénéficier de conseils appropriés sur des sujets financiers, juridiques, de communication…sont essentiels.

Développer des structures d’accompagnement et un système de « Mentoring » est primordial pour inciter et conforter les porteurs de projets dans leur aventure.

En Afrique plusieurs, points sont à souligner :

  • Le système administratif et juridique n’est pas adapté et ne facilite pas les procédures d’installation/d’immatriculation de la future entreprise. Or par exemple en France, créer une structure est légalement complexe et comporte plusieurs étapes auprès de différents organismes.

Centraliser l’ensemble de ces démarches administratives permettrait de faciliter le parcours du créateur et ainsi il pourrait se consacrer au développement de son activité.

  • Mettre en place des formations qualifiées en entrepreneuriat sur le continent. Même si on voit des réseaux, associations ou autres structures se mettre en place, il existe peu ou pas du tout de formations qualifiantes proposées aux seins d’écoles supérieures de commerce ou de management, d’universités…

Une refonte du système éducatif en lien avec des organismes de promotion ou d’accompagnement permettrait de proposer des formations, cursus aussi bien aux niveaux supérieurs (post-bac) mais également aux niveaux collège, lycée pour déjà donner envie à ces jeunes de s’intéresser à la culture entrepreneuriale.

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