Les entrepreneurs sociaux : les lumières du continent africain, enclins aux défis énergétiques

Article : Les entrepreneurs sociaux : les lumières du continent africain, enclins aux défis énergétiques

Les entrepreneurs sociaux : les lumières du continent africain, enclins aux défis énergétiques

Un constat alarmant mais pourtant bien réel :

Selon des données extraites de la Banque mondiale, l’Afrique subsaharienne « comptera 2 milliards d’habitants en 2040 et 4 milliards en 2100 ». En matière de population, le continent africain est celui où la croissance démographique est la plus élevée et où l’on enregistre une forte population jeune.

Des jeunes qui représentent une véritable source de richesse pour le développement du continent entier mais qui, pour autant, sont confrontés à des préoccupations majeures telles que le manque d’accès à une éducation, une formation, une alimentation et une santé de qualité pour tous, sans perdre de vue le chômage grandissant.

Plusieurs maux que l’on rencontre encore mais qui pour autant préoccupent les dirigeants des différents pays d’Afrique, à tel point que cette catégorie de population est une cible prioritaire dans les stratégies politiques et de développement.

En parallèle de cela, l’un des défis majeurs que doit relever le continent reste celui de la sécurité énergétique, surtout en Afrique subsaharienne : zone encore très contrastée par rapport au reste du continent en termes, notamment, de développement.

Toujours selon des chiffres tirés de la Banque mondiale, deux Africains sur 3 n’ont pas accès à des sources d’énergies fiables et modernes, alors que sa population ne cesse de croître.

Alors comment peut-on espérer voir un continent se développer rapidement et efficacement si les problèmes de base, si je puis dire, n’ont pas été résolus ? Comment peut-on comprendre que dans certaines zones du continent, l’accès à l’énergie soit encore un luxe pour une grande majorité de la population ? Comment envisager développer le milieu rural alors même que certaines grandes villes ou capitales y sont encore confrontées ? Plusieurs interrogations qui poussent à une certaine réflexion.

Et pourtant le continent est doté d’un potentiel majeur en la matière : à savoir notamment l’énergie solaire, mais également hydraulique ou encore éolienne qui sont des ressources importantes pour fournir l’électricité en majorité aux familles.

A l’heure des préoccupations sur le changement climatique et sur les enjeux de sécurité, la question de l’électrification du continent est centrale. Même si l’on remarque une prise de conscience majeure des différents dirigeants du continent, il reste encore beaucoup de choses à faire.

 

Deux pays en exemple :

Tandis que les pays dits développés en sont à rechercher d’autres solutions ayant un impact positif sur la planète, la plupart des pays d’Afrique en sont encore à chercher comment produire et offrir de l’énergie à leurs populations.

Le secteur énergétique en Afrique est riche mais pour autant, la majorité des pays ont du mal à le produire efficacement et en quantité suffisante afin de répondre aux besoins de sa population. C’est en effet sur le continent que l’on remarque des coûts élevés en termes d’électrification sur les factures.

Si l’on prend l’exemple de la Côte d’Ivoire, on remarque dans les médias que la population se révolte de plus en plus contre la cherté de l’électricité : une hausse qui selon le gouvernement ivoirien « devrait permettre à la Côte d’Ivoire d’éviter de faire face à de nouveaux déficits et à des délestages pour ainsi réaliser les ambitions qu’elle s’est donnée en matière de couverture et d’accès en électricité ».

Un autre exemple : celui du Tchad, qui quant à lui fait face à une crise énergétique majeure face à un manque de production et à un mauvais réapprovisionnement : ce qui menace entre autres beaucoup la sécurité des foyers tchadiens, mais pas que.

 

Les entrepreneurs, ces super-héros des temps modernes :

Même si on entend bien souvent dire que le continent est à la traîne en ce qui concerne notamment ce défi énergétique, je pense qu’il n’a rien à envier aux autres continents étant donné tout le potentiel important en matière d’énergies renouvelables.

En effet, ce potentiel est encore peu exploité et pour autant indispensable aux solutions alternatives étant donné que, contrairement à d’autres régions du monde, l’Afrique est dotée d’un potentiel important en énergies renouvelables exploitables pour opérer la transition énergétique. Il suffit donc de mettre en place des mesures efficaces tant au niveau national qu’international pour permettre une meilleure exploitation dans le temps.

Ce défi majeur est une véritable opportunité en termes de création d’activité pour le continent. Raisons pour laquelle les projets portés par les jeunes Africains dans ce domaine sont bien souvent valorisés et mis en avant lors de concours ou appels à projets à visée internationales.

C’est ainsi que les entrepreneurs arrivent comme de véritables « supers héros » à la recherche de solutions pour éclairer ces zones encore privées d’électricité. En effet, ils ont pris conscience de ce défi et proposent des solutions innovantes pour faire évoluer la situation pour ainsi parvenir à une utilisation autonome des sources d’énergie.

Ce qui est intéressant de voir, c’est que les entrepreneurs que je qualifie de « sociaux » qui participent à la résolution de ce problème majeur ne sont pas seulement issus des populations locales. En effet, je peux me permettre de citer l’entreprise « Power : ON », qui a été fondée par un jeune entrepreneur Français très engagé et inspirant : Tristan KOCHOYAN, afin de fournir de l’électricité aux villages les plus isolés d’Afrique. Cette entreprise œuvre actuellement au Bénin et a pour but de se développer sur tout le continent.

On pourrait également citer d’autres innovations locales qui participent à l’essor de ces solutions.

D’un point de vue international, je citerais « AkonLightingAfrica », la fondation créée par le célèbre chanteur sénégalo-américain Akon, qui a pour but de promouvoir l’électrification du continent africain ; ou encore « Energy for Africa », une association créée par Jean-Louis Borloo, un politique français, pour participer au développement de l’énergie en Afrique.

Les différents dirigeants du continent et de la planète se doivent de vraiment mutualiser leurs efforts et revaloriser ces acteurs locaux, nationaux et internationaux qui œuvrent pour des solutions concrètes et les inclure dans ces stratégies de développement.

Développer un pays ou un continent ne pourra se faire sans lui donner un accès à une électrification de qualité et accessible à tous. Cet enjeu majeur participe activement au développement socio-économique : il y va du rayonnement de l’Afrique sur le plan international.

 

Sources: Banque Mondiale

Le site et l’histoire de Power :ON :https://www.pwr-on.fr

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Commentaires

fatakaya
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" Développer un pays ou un continent ne pourra se faire sans lui donner un accès à une électrification de qualité et accessible à tous" Encore un excellent billet, vivement le prochain

snaguertiga
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@Fatakaya: Merci beaucoup pour ton feedback ainsi que pour tes encouragements. Je suis également très heureuse et fière de voir cette jeunesse africaine et tchadienne en particulier, active et actrice du développement. Beaucoup de succès à toi.

Fatakaya
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Merci beaucoup et à vous également.

Rafaela
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Bonjour, je viens de découvrir ce blog (et beaucoup d'autres d'ailleurs) par l'infolettre de #Mondoblog.
Le niveau de réflexion et d'analyse est très haut et j’apprécie beaucoup. Mon intervention va être longue !
Cet article fait un constat, amer et regrettable: malgré ses richesses énergétique, le continent n'arrive pas à éclairer ses habitants...du moins ceux qui ne peuvent pas s'acheter un groupe électrogène n(autant dire la majorité d'entre nous).
Je suis d'accord avec la conclusion : "Développer un pays ou un continent ne pourra se faire sans lui donner un accès à une électrification de qualité et accessible à tous".
1) Et c'est bien ça l'un des problèmes majeurs de l'Afrique en ce moment. Développer des richesses inclusives, qui profite à tous. On loue les PIB positifs de beaucoup de pays africains, qui font pâlir de jalousie les futures-anciennes-mais-toujours-actuelles puissances occidentales. Mais ces richesses là profitent-elle aux populations des zones rurales? profitent-elles à la majorité des citoyens qui vivent encore avec - d'1$ par jour? NON je ne pense pas. Seule une minorité en tire les avantages.
Pour ce qui est de l'électrification et du recours aux énergies renouvelables, je pense qu'il faut se dire la vérité: l'Afrique ne sera pas électrifiée (donc ne se développera pas) à coup d'aides publiques, de projets de start-up, d'ONG ou d'associations. Je ne rejette pas l'importance de ces projets mais leur impact. Celui-ci reste local au meilleur des cas régional. Et n'oublions pas les détournements dont sont victimes les fonds alloués à des projets de cette envergure.
2) Autre point la formation et le renforcement des compétences locales. Il ne suffit pas d'avoir du soleil pour en faire de l'énergie solaire. Il faut une technique, une technologie et aussi un savoir-faire pointus pour tout cela. Aujourd'hui très peu (à mon goût) d'ingénieurs sont formés dans nos pôles d'enseignement. Je le sais parce que je travaille dans le développement durable ( j'interviens beaucoup sur l'économie verte, l' écoconception, les énergies renouvelables).
Les entreprises étrangères (et pour beaucoup chinoises) détiennent le monopole des projets d'énergies renouvelables en Afrique. Employant leurs ingénieurs à des postes de responsables et maintenant les africains aux postes d'ouvriers. Dans beaucoup de pays, quand des infrastructures solaires tombent en panne , elle sont laissées à l'abandon par manque de compétences locales pour les réparer...ou on fait appel aux entreprises chinoises: ce qui coûtent très cher!!!
Très peu de stages et expériences professionnelles pendant le cursus universitaires pour ses jeunes.
Aucune éducation au développement durable dans nos écoles pour susciter l’intérêt pour ces métiers d'avenir dont ont besoin nos pays pour se développer. Nous avons encore beaucoup à faire
En tout cas, bravo je m'abonne au blog ;)