« Les Femmes, avenir du continent africain » : retour sur un évènement riche en enseignements

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« Les Femmes, avenir du continent africain » : retour sur un évènement riche en enseignements

Le Mardi 23 Février 2016, s’est tenu un événement que l’on pourrait qualifier d’historique en France sur le thème suivant : « Les femmes, avenir du continent africain ».

A travers ses débats, le journal Le Monde Afrique a choisi, après une première édition qui s’était tenue à Abidjan en septembre 2015, de mettre à l’honneur pour cette seconde édition la Femme Africaine à Paris.

C’était la 1ère fois où j’assistais à un événement qui réunissait, en un lieu chargé d’Histoire (le Musée du Quai Branly), des femmes et des hommes qui se soucient de la véritable place de la femme africaine au sein même de son continent : une véritable surprise.

Je reviens donc dans cet article sur les messages et temps forts que l’on pourrait retenir de cet événement.

Les femmes, le plus souvent victimes d’injustices, sont pourtant une chance inexplorée pour le continent 

La femme africaine a toujours été perçue comme une femme battante et entrepreneuse. Organiser ce débat sur son rôle et son existence était plus que nécessaire : c’était une belle façon de lui rendre hommage, tout en bousculant les consciences et mentalités actuelles.

La chanteuse malienne Kandia Kouyaté disait : « L’homme et la femme peuvent subvenir ensemble aux besoins du foyer. La femme est la force de l’homme ». Cette phrase prend tout son sens dans le combat que mènent de plus en plus de femmes pour revendiquer leurs droits et leurs reconnaissances.

Malheureusement, dans plusieurs pays du continent, la femme africaine est encore torturée, humiliée, violée et pas du tout reconnue comme une citoyenne à part entière. Par exemple, dans les zones de conflits, comme c’est encore le cas au Congo, le viol est utilisé comme une arme de guerre et de destruction massive qui bafoue les droits de la Femme. Et cela a été à plusieurs reprises mis en avant, pour rappeler à quel point les femmes en Afrique subissent encore des violences physiques et morales contraires aux droits humains.

Le Dr Denis MUKWEGE, ce gynécologue et militant des droits de l’homme, a reçu de nombreuses distinctions internationales pour sa noble cause et son combat contre les violences faites aux femmes au Congo.  Ce qui laisse comprendre que le combat pour la valorisation de la femme en général n’est pas seulement réservé aux femmes et est encore loin d’être gagné. Ce combat, pour qu’il soit gagné, devra se faire conjointement avec les hommes et les femmes et permettre aux femmes de mieux exprimer leurs droits.

Les femmes africaines représentent la moitié du continent et également un atout de développement incroyable. Elles consacrent une grande partie de leurs revenus pour le bien-être de leurs enfants et de leur communauté.

Certaines femmes, pour subvenir à ces besoins, travaillent de manière informelle. Elles entreprennent par nécessité et arrivent finalement à prouver que l’entrepreneuriat est un pari gagnant pour l’avenir économique du continent.  Faute d’accès à des financements ou au droit foncier, elles se lancent dans des activités informelles qui sont pourtant des secteurs de croissance potentiels (agriculture, élevage, commerce), ce qui les exposent davantage à des risques et à un avenir incertain.

Les femmes en Afrique se doivent d’être plus responsabilisées et impliquées qu’aujourd’hui. Et pour cela, une meilleure éducation et promotion de leurs droits est essentielle.

En revanche, on les retrouve également présentes à des postes politiques. Par exemple, selon des chiffres de la Banque Mondiale, on compte 64% de femmes au Parlement rwandais (ce qui est parfois même supérieur à certains pays de l’OCDE).  Ce qui laisse entendre que l’Afrique est capable de changer de cap et doit enfin comprendre qu’associer les femmes aux stratégies de développement et aux instances décisionnaires du pays est primordiale pour sa croissance.

Des temps forts marqués par la présence de personnalités remarquables et de profils divers tous unis pour un seul but : l’émergence et l’émancipation réelle de la femme africaine pour un meilleur développement du continent 

Ce débat n’aurait pas eu le succès qu’il a rencontré sans ses temps forts, animés par la présence de personnalités et intervenant(e)s remarquables. Chacune d’entre elles, à travers son vécu et ses actions en faveur du développement de l’Afrique, et en particulier des femmes africaines, a pu partager ses expériences sur le sujet.

Cela pourra être très long d’évoquer de façon individuelle les messages de chacune des personnes lors de leurs passages, mais, à l’unisson, ces personnalités ont prôné un véritable message d’espoir et de détermination pour la cause féminine sur le continent africain.

On pourrait notamment citer la présence de :

  • Thierry Michel : réalisateur du film « L’homme qui répare les hommes », présent pour parler du film et des conditions de tournage
  • Makhtar Diop : vice-président de la Banque Mondiale pour l’Afrique
  • Leymah Gbowee : activiste et Prix Nobel de la Paix
  • Fadumo Dayib : ex-réfugiée et candidate à l’élection présidentielle de Somalie
  • Ebele Okobi : directrice des politiques publiques de Facebook Afrique
  • Chimamanda Ngozi Adichie : écrivaine nigériane
  • Stephan Gladieu : photographe professionnel ayant réalisé des portfolios sur les femmes africaines
  • Magatte Wade : fondatrice et directrice de la marque Tiossan
  • Awa Coll Seck : ministre de la santé du Sénégal
  • Liya Kebede : mannequin et actrice Ethiopienne
  • Caren Grown : directrice genre à la Banque Mondiale
  • Safia Otokoré : responsable relations extérieures genre de l’AFD
  • Bruktawit Tigabu : entrepreneure sociale et lauréate du prix Rolex à l’esprit d’entreprise
  • Erik Orsenna : écrivain et membre de l’Académie française
  • Fatou Bensouda : procureure générale de la Cour Pénale Internationale (invitée surprise) 

Des performances artistiques pour rappeler à quel point l’Afrique est un continent riche et qui a beaucoup à donner et apprendre aux autres régions du monde 

Les œuvres artistiques étaient au rendez-vous. En effet, l’événement a été fortement marqué par la projection de :

  • La bande annonce du film : « L’homme qui répare les femmes »
  • La bande annonce de la série « C’est la vie » (série sénégalaise)
  • Trois portraits de femmes présentés par le Fonds Français Muskoka
  • D’un portfolio de portraits de femmes africaines par le Photographe Stephan Gladieu

Et les performances musicales de :

  • Patricia Essong, jeune chanteuse d’origine Camerounaise qui par son album encourage la jeune génération africaine, surtout de la diaspora à ne pas perdre l’héritage sacré qu’est la langue. La langue, une véritable richesse culturelle.
  • Salif Keita, grand artiste chanteur Malien, qui a fait de sa musique un véritable pouvoir culturel et universel. Il a également profité de cet événement pour faire un bel éloge de la femme africaine et parler de son association en soutien aux personnes albinos menacées sur le continent.
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