1er Mai: Le « Travail » en Afrique, une perle de plus en plus rare

Aujourd’hui 1er Mai est synonyme de la fête du travail. Un peu partout dans le monde, le travail sera célébré aux travers de traditionnels défilés des syndicats. En Afrique, le 1er mai ne ressemble pas encore à une fête.

A l’instar de la Journée de la Lutte pour le droit des femmes, je pense que cette journée n’est nullement une fête, mais au contraire, l’occasion de lutter pour de meilleures conditions de travail et d’accès à l’emploi, notamment en Afrique ou l’on sait que le problème du chômage est un véritable enjeu pour les pays.

Le Travail des mineurs, un fléau à éradiquer 

En 2012, selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT), en Afrique subsaharienne, 59 millions d’enfants, soit plus d’un sur cinq, étaient employés contre leur gré : Ce qui est très grave et inquiétant.

L’ Afrique est de loin le continent le plus touché par ce problème majeur de travail des enfants : et cela est vraiment honteux.

De nombreuses raisons viennent cependant expliquer ce phénomène si inquiétant. Et parmi celles ci on retrouve principalement :

  • La pauvreté qui est la raison majeure et récurrente, surtout dans les zones rurales : poussant ainsi les familles à sacrifier l’avenir de leurs enfants
  • La guerre : phénomène désastreux pour lequel par exemple plusieurs enfants livrés à eux-mêmes sont enlevés contre leurs grés pour aller combattre aux côtés des groupes armés (enfants soldats)
  • Un accès à une éducation de qualité très insuffisante et non adaptée
  • Un problème de mentalité difficile à combattre : par exemple certaines coutumes ou croyances ne permettent pas aux jeunes filles d’étudier et les destinent à une vie maritale précoce
  • Un exode rural volontaire et parfois contraignant qui pousse les enfants et leurs parents à migrer dans des bidonvilles ou zones précaires la recherche d’un lendemain meilleur
  • Une main d’œuvre de la plupart des multinationales qui poussent les sous traitants à utiliser de la main d’oeuvre pas chère et soumise dans un secteur très informel
  • Les trafics d’enfants non règlementés par les législations gouvernantes

Pour vous donner une idée, selon l’UNICEF, c’est au Nigéria que l’on compte le plus grand nombre d’enfants au travail : soit 12 millions d’enfants (devant l’Afrique du Sud et l’Egypte).

Un enfant des rues en Afrique CC: Pixabay

En Afrique, les enfants travaillent d’abord pour aider et nourrir leur famille : travaux agricoles, travaux domestiques, secteurs miniers…

Comme je le mentionnais un peu plus haut: nombreuses sont ces firmes multinationales qui emploient des enfants dans leurs productions locales et qui après n’ont de cesse de rejeter la faute à leurs sous traitants.

Un enfant doit au contraire jouir de son plein droit qui est celui d’un accès à une éducation de qualité pour ainsi, aspirer à un avenir prometteur. Sans pour autant se soucier de tous ces maux causés par les adultes.

Le travail des femmes, plafond de verre, bloc de glace solide et dangereux

Je lisais pas plus tard qu’hier un article qui disait que l’Afrique était le premier continent de l’entrepreneuriat féminin. En Afrique subsaharienne, selon la Banque Mondiale, elles représenteraient 27% des entrepreneurs : s’agissant ainsi du taux le plus élevé à l’échelle mondiale.

Infographie CC: Entreprendrelafrique.com

Ce n’est pas nouveau : les femmes africaines, notamment en Afrique subsaharienne n’ont pas attendu toutes ces vagues de promotion autour de l’entrepreneuriat pour s’y lancer. Elles l’ont fait et pour la grande majorité continuent de le faire afin de subvenir, principalement à leurs besoins et à ceux de leurs cellules familiales. Mais leurs conditions de travail sont loin d’être reconnues et valorisées.

D’après des chiffres tirés de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), « 60% des femmes, en Afrique subsaharienne, travaillent» ce qui est considérable, mais face aux inégalités hommes femmes qui se détériorent, elles sont dans la plupart du temps dans l’obligation de le faire de façon informelle.

Pour celles qui ont eu la chance d’aller de fréquenter à des niveaux plus avancés, elles se retrouvent confronter non pas à un plafond de verre mais à ce que j’appelle, un Bloc de glace solide et dangereux.

Elles sont vues comme un outil de fantasme privilégiant ainsi dans plusieurs pays la promotion canapé au recrutement légal sur des bases de capacités intellectuelles.

Femmes commerçantes au marché en Guinée CC: Pixabay

Ce qui pousse de nombreuses jeunes filles (je prends le cas du Tchad) à ne plus miser sur l’école ou les études mais uniquement sur leurs attirances compétences physiques. Alors ne soyez pas étonnés quand vous verrez une fille ne pas pouvoir s’exprimer convenablement à un poste de haut niveau ou assistante personnelle du directeur juste pour ses compétences physiques.

Lutter contre les inégalités sociales et une meilleure promotion de l’emploi des femmes est un gage de développement réussie pour les pays d’Afrique.

Jour de marché chez les Massaï (Kenya) CC: Pixabay

Le Chômage des jeunes, un frein au développement 

Voici un des enjeux majeurs dont fait face l’Afrique, notamment l’Afrique subsaharienne depuis ces quelques décennies.

Les jeunes diplômés et sous-diplômés, sont pour la plupart du temps logés à la même enseigne : c’est à dire dans la case : « Chômage ». Aujourd’hui, dans la plupart des pays du continent: avoir poussé très loin dans les études n’est absolument pas un gage de réussite professionnelle.

La crise la plus importante de ces quelques années est celle de la crise de l’emploi. Nous sommes face à une force vive et désireuse de travailler qui se retrouve sans emploi pour plusieurs raisons.

Or je reste convaincue que si les gouvernements des pays veulent lutter pour une meilleure sécurité sur à l’intéreieur de leurs terres, ils se doivent de revoir leur stratégie en matière de promotion de l’emploi pour ainsi permettre une meilleure stabilité aux jeunes.

L’éducation, la formation et l’emploi sont des facteurs que je qualifie de « magiques» puisqu’ils embarquent avec eux de nombreux autres facteurs : à savoir le développement, la sécurité, l’emploi, le bien-être, l’optimisme….en 1 mot : LA PAIX.

Chaque 1erMai doit permettre de remettre en cause cette gouvernance et ainsi prôner un accès à l’emploi des jeunes. Et si ce sont les emplois qui manquent réellement, alors il faut les créer. Mais pour les créer, encore faut-il que les conditions soient favorables aux jeunes à savoir : la formation, les centres ou espaces favorisant l’émergence et la création, le coaching-accompagnement, le financement des projets, la facilitation des démarches administratives en vue d’une création, le suivi et mentoring, la promotion des initiatives….

Cette année, le 1er Mai aura encore pour moi, un goût amer, surtout face à ces trois points développés ci-dessus. Je pense qu’il serait enfin temps que les gouvernements et instances/organismes publics, internationaux se penchent réellement sur la question de l’éducation, de la formation et de l’emploi des jeunes et des femmes en faisant des actions concrètes sur le terrain.

Si l’on souhaite lutter contre l’insécurité sous toutes ses formes, il faut pouvoir permettre aux populations de s’investir et d’être proactives et non pas assistées. L’Afrique a des forces vives à savoir : les jeunes et les femmes qui sont, avant même la technologie, la chance de l’Afrique.

La technologie oui, mais avant tout l’humain car cela peut paraître un peu bête ce que je vais dire, mais les machines, sont pensées, et conçues par les  humains: donc la technologie ne remplacera, selon moi, jamais l’intelligence humaine et de surcroit collective.

CC: Pixabay

Afroptimiste que je suis et réaliste tout de même, je reste convaincue que l’Afrique, qui se fait qualifié de « continent de demain » se doit d’abord de se construire aujourd’hui, et cela grâce à un accès à une éducation et formation de qualité, à une meilleure promotion de la femme sur toutes les instances et à un emploi plein chez les jeunes, force vive du continent.

Bonne fête du Travail à Toutes et à Tous avec une forte pensée pour mon continent africain.

Brin de Muguet CC: Pixabay

Je vous offre un brin de muguet (comme c’est le cas dans la Tradition en France). Qu’il soit synonyme de bonheur et d’Afro-optimisme.

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snaguertiga

snaguertiga

Jeune entrepreneure et blogueuse Franco-Tchadienne se définissant comme une "Afroptimiste" tout en ayant la tête bien fixée sur les épaules. Je fais partie de ces personnes qui croient en cette Afrique fascinante et aux nombreux talents cachés mais bel et bien présents. Je blogue tant par passion que par détermination, ce qui fait qu'il est très difficile de m'arrêter quand je me lance. J'espère, à travers ce blog vous avoir donné envie de prendre l'Afrique du bon côté.

2 réponses sur “1er Mai: Le « Travail » en Afrique, une perle de plus en plus rare”

  1. J’ai beaucoup aimé votre article. En effet le travail est rare en Afrique, quand il existe, les bonnes conditions ne sont pas réunies, surtout pour les femmes. Et aussi nos gouvernements ne font pratiquement rien pour proscrire le travail des enfants mineurs. Mais cela ne doit pas nous empêcher à continuer à rêver, à croire, à une vie meilleure en Afrique

    1. Chère Anne-Marie, c’est avec grand plaisir que je lis votre commentaire. Tout d’abord permettez moi de vous remercier pour l’intérêt porté à mon article ainsi que pour le temps consacré. Vous avez parfaitement raison…nous devons continuer de rêver et de croire en cette belle Afrique prometteuse et talentueuse que nous voulons pour nous ainsi que pour les générations à venir. Les choses bougent déjà, quand on voit comment les jeunes talents qui s’activent sur le continent deviennent d’excellents ambassadeurs de cette Afrique qui gagne.
      Croyez moi, vous parlez à une Afroptimiste convaincue et engagée et je devine par vos propos qu’il en est de même pour vous. Continuez ainsi.
      Au plaisir de vous relire très bientôt.

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