Afrique : le 8 mars, journée des femmes et non pas fête de la femme

Le 8 Mars est une date mémorable puisque l’on célèbre toutes les femmes du monde. Et en Afrique cet événement prend un sens encore plus fort.

Quand je dis célébrer ici, je devrais plutôt dire que l’on met en avant toutes ces femmes et filles à l’échelle internationale.

Des festivités qui retentissent un peu partout sur le continent :

Au Tchad par exemple ce n’est pas uniquement le 8 Mars qui est célébré, mais bien la semaine comprenant cette journée. On parle de SENAFET, entendons par là : Semaine Nationale de la Femme Tchadienne.

Par ailleurs, cette année, le thème de cet événement portera sur : « le respect des droits des femmes et des filles, un défi pour l’atteinte des objectifs de développement durable ».

 

Le pagne, symbole de la célébration de la journée de la femme :

En effet, comme à chaque année au Tchad ou encore au Cameroun, le pagne du 8 Mars en est l’emblème national.
Les femmes défilent et paradent dans les villes en exposant avec fierté leur nouveau modèle.

Pour donner une idée des prix : au Tchad, l’étoffe de pagne cette année coûte 12.500 FCFA contre 6800 FCFA au Cameroun.

Motifs pagnes Journée de la Femme au Tchad CC: Phenix Imagine

 

Motifs pagnes Journée de la Femme au Tchad CC: Actu Cameroun

Bien souvent après les différentes festivités et parades, les femmes prennent d’assaut les bars et différents lieux de vie des grandes villes afin d’y partager des verres et s’amuser. Et une fois cet événement fini, on retombe dans les mêmes problématiques majeures non résolues.

Une journée de lutte et non pas de fête :

C’est à se demander si derrière toutes ces festivités, le sens premier de cette journée est respecté, à savoir celui de la lutte pour l’amélioration des conditions de la femme.

Cet événement annuel majeur ne devrait pas être réduit uniquement aux festivités, au port du pagne où encore à l’allégresse mais plutôt aux temps de réflexions et actions concrètes qui permettraient d’améliorer les conditions de vie des femmes.

Des conditions qui sont bien malheureusement toujours aussi précaires et difficiles pour les principales concernées.

Car cela va faire plusieurs années que cette fête existe, mais les conditions des femmes sur le continent ne sont toujours pas améliorées. Les femmes sont la catégorie la plus vulnérable et de plein fouet touchée par les difficultés rencontrées : tant sur les aspects, socio-économiques que liés aux phénomènes naturels.

CC: Pixabay

Il est intéressant, en effet de pouvoir valoriser dignement la femme et la mettre en avant, mais tout comme la saint-valentin ou les autres fêtes que je qualifie de commerciales, elle ne doit pas durer qu’un jour ou une semaine.

Cette journée est avant tout une journée de lutte pour le respect des droits des femmes.

On devrait plutôt associer ces évènements festifs à des actions concrètes qui permettraient de changer le comportement des hommes et des femmes et ainsi leur faire prendre réellement conscience de l’intérêt majeur de l’évolution des conditions féminines.

Faciliter l’accès aux financements, assurer la sécurité des femmes, lutter pour la parité dans les milieux professionnels, lutter contre la pauvreté, favoriser l’accès à l’éducation de qualité… sont autant d’actions qui pourraient considérablement être prises en faveur de ces femmes.

Quelles solutions d’amélioration pourraient être trouvées, et mises en place par la suite ? Ce serait donc une question beaucoup plus pertinente, plutôt que de se demander, quelle couleur de pagne j’achèterai pour fêter mon 08 Mars…

Si les femmes elles-mêmes ne le font pas, personne d’autre ne le fera à leur place. Alors je pense qu’il est temps d’éveiller les consciences et de casser la routine des choses, en demandant aux femmes de prendre le lead et ainsi d’être des actrices majeures du changement qu’elles aimeraient voir.

#IWD2017 #JournéeDesFemmes #JDF #8mars

Sandrine NAGUERTIGA, #Afroptimiste

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