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Mes propositions pour « RE-PANSER » le système éducatif au Tchad

A l’heure où sonne la rentrée des classes en France et un peu partout dans le monde, c’est à la suite d’un superbe article parcouru sur le système éducatif au Mali que je me suis également décidée à en faire autant.

Originaire du Tchad, j’ai plusieurs fois eu la chance de repartir dans ce pays cher à mon cœur et ainsi voir ce qui s’y passait.

Une des tristes réalités à laquelle j’étais confrontée était celle du niveau éducatif des jeunes enfants. Niveau que je qualifierai de critique, pour ne pas dire alarmant.

D’après le Larousse, l’éducation fait référence à l’ensemble des connaissances intellectuelles, culturelles, morales acquises et qui vont plus tard participer à la construction de la personnalité d’un individu.

La question de l’éducation et de la formation est primordiale pour qu’un pays puisse se développer positivement. Comme dans une entreprise, la première richesse d’un pays reste sa ressource humaine.

Ne dit-on pas que la jeunesse est l’avenir d’un pays ? Alors pour miser sur un avenir meilleur et prometteur, on se doit de commencer par assurer une éducation de qualité à ses enfants puisque l’éducation joue un rôle majeur dans la croissance économique et dans le développement social d’un pays.

Même si des progrès en termes de couverture scolaire ont été notés, il reste cependant encore de nombreuses actions à mener pour espérer tendre vers cette perfection en terme de culture d’éducation d’excellence. Je reste convaincue que si l’on investit dans une éducation de qualité dès le plus jeune âge, on mise forcément sur un avenir gagnant. On ne peut certes pas revenir en arrière mais il n’est jamais trop tard pour bien faire les choses.

Je ne cesserai de dire que le Tchad est un pays riche car il regorge de jeunes talents dans différents domaines. Mais les résultats catastrophiques du baccalauréat au 1er tour (notamment avec un taux de réussite de de 8,71% pour la session de juin 2013 et de 19,84% pour celle de 2016) m’ont tout de même laissé confuse.

Ainsi je pense qu’il serait également judicieux pour ce pays de repenser le système éducatif national et d’investir comme il se doit dans ce secteur déterminant pour son développement.

J’aime beaucoup cette citation de Nelson MANDELA :

« L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde ».

C’est ainsi que j’ai souhaité, au travers de mon humble expérience et vision des choses, proposer quelques idées de réflexion, propositions pour panser ce système éducatif public qui a subi un changement négatif radical.

1 : Solidifier les bases de l’éducation au travers de la petite enfance :

Développer ces bases d’apprentissage pourrait déjà permettre de participer à l’éducation sociale de l’enfant. Même si on remarque souvent que le système des crèches/garderies n’est pas forcément développé en Afrique, et plus particulièrement au Tchad (comme en Europe) compte tenu de solutions adaptées au mode de vie local, les enfants demeurent tout de même une des catégories les plus exposées aux difficultés en Afrique.

Chaque enfant qui naît a des droits. Et même si à cet âge le plus grand travail d’éducation se fait par les parents, l’enfant arrive dans un univers (par exemple en maternelle) où il sera confronté à de nouveaux regards et où il entamera son processus de sociabilité bien loin de son entourage habituel.

C’est en ce lieu que l’enfant se familiarisera avec l’apprentissage des bonnes manières, des habitudes, et des savoirs vivres en public. Il apprendra les règles également de la communication et toutes les activités pouvant favoriser son éveil. Et pour cela, une meilleure formation du personnel est primordiale. Bien souvent à N’Djamena (capitale du Tchad), j’entends certains parents se plaindre du fait que leur enfant ait été « victime » d’un mauvais traitement de la part du personnel (vol d’objets personnels, traitements corporels non justifiés, manque de justesse dans son autorité…) Ainsi, il y va du rôle important du personnel encadrant de réussir à gérer ces genres de situations et de montrer l’exemple.

2 : Faire de l’école un lieu d’équité et de justice sociale :

  • Permettre une école pour tous gratuite et obligatoire à un certain âge :

Le système public Tchadien reste malheureusement en recul par rapport au privé. Je ne dis pas là qu’en terme de qualité d’enseignement le privé est forcément meilleur. Mais encore bien souvent au Tchad, les parents aisés n’hésitent pas à payer cher des années scolaires à leurs enfants pour leur permettre d’accéder à des enseignements de qualité : ce qui est devenu un véritable business lucratif dans le pays. Et malheureusement, ce sont, une fois de plus, les enfants de parents à faible moyens qui en paient le prix fort : une certaine inégalité qui s’installe déjà dès le début : favorisant ainsi une éducation à double vitesse.

  • Proposer une meilleure formation des enseignants et du personnel encadrant :

Une formation aussi bien axée sur l’aspect pratique et technique des cours dispensés que sur l’aspect personnel. Quand je parle « d’aspect personnel », je souhaite souligner entre autre le comportement parfois non exemplaire de certains professeurs : ce qui bien souvent laisse un impact négatif sur les élèves et encouragerait à la déviance. Les professeurs sont avant tout des personnes qui transmettent un enseignement, un savoir et la plupart d’entre eux devraient apprendre à fixer certaines des limites relatives à leur vie privée et professionnelle.

  • Améliorer les conditions de vie lors des cours :

Bien souvent, certaines écoles du public font face à des sureffectifs dans les classes : situation extrêmement difficile aussi bien pour les professeurs que pour les élèves. Cela passe entre autre par :

  • la construction d’écoles supplémentaires
  • l’ouverture de classes permettant ainsi de lutter contre le sureffectif
  • la rénovation de certains établissements vétustes
  • les dotations en nouveaux matériels qui pourraient déjà permettre aux écoliers de travailler dans le minimum de confort requis
  • Intensifier les sensibilisations à la scolarisation des jeunes filles :

africa-866604_960_720Malheureusement au Tchad comme dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, la scolarisation des filles reste encore un problème prédominant. Même si l’on voit des actions se mettre en place, dans les zones rurales par exemple, le nombre de jeunes filles n’ayant pas encore accès à l’école est alarmant. Ainsi investir massivement et redynamiser la scolarité chez les filles permettra de lever les barrières et faire prendre conscience aux personnes que l’accès à l’éducation est non seulement un droit pour l’enfant mais surtout un gage de réussite menant vers de belles opportunités. Pour certains parents l’avenir de la fille se résume au mariage, à la maternité et à la vie de foyer. Et pour cela, l’intervention de plusieurs acteurs, politiques couplée à d’autres, en ce sens permettra de faire avancer plus rapidement et efficacement les actions.

  • Revoir le programme d’enseignement en incluant une éducation civique et patriotique :

Avant toute chose comment peut-on demander aux jeunes de s’intéresser à leur pays si on est incapable de leur enseigner l’histoire, la géographie, la culture du pays ? Il est donc essentiel d’enseigner aux jeunes enfants les matières qui leur permettront de mieux connaitre leur pays. Pour faire face aux enjeux de la mondialisation et de toutes les conséquences qui en découlent, le Tchad a besoin de se doter de personnes responsables et engagées. L’école va donc jouer un excellent rôle formateur. Les enfants doivent se sentir impliqués civiquement dans le développement de leur pays et en être fiers car avant de savoir où l’on veut aller, il est primordial de savoir d’où l’on vient.

3 : Développer l’esprit d’entreprise au travers d’une meilleure offre de formation

Redonner le goût d’étudier aux jeunes enfants face à un laxisme qui prend de l’ampleur

On entend bien souvent dire que les élèves ne réussissent pas parce qu’ils ne sont pas motivés. Or c’est à se demander si finalement ils ne sont pas motivés par ce qu’on ne leur donne pas envie d’étudier et qu’on ne leur transmet pas l’envie de réussir. Échouer est un facteur déterminant de démotivation. Ainsi donc, accompagner les enfants en cas de difficultés rencontrées (ce qui peut arriver) et les aider à trouver en eux leurs talents et leurs goûts pour un certain domaine d’étude est essentiel.

Quelques solutions sont possibles :

  • proposer des activités extrascolaires afin de leur permettre de coupler leur dynamique, motivation à d’autres activités : sport, théâtre, musique, chant, danse, bénévolat, ateliers créatifs….
  • Proposer des ateliers en petits groupes permettant ainsi aux enfants de laisser libre recours à leurs imaginations et ainsi pouvoir apprendre à parler en public, donner son avis, proposer des idées…
  • Responsabiliser, motiver et impliquer davantage les enfants dans la vie de leurs classes
  • Impliquer davantage les parents dans la formation scolaire de leurs enfants via un meilleur suivi scolaire tout en permettant à leurs enfants de se responsabiliser
  • Travailler encore plus les langues : française et autres langues étrangères leur permettant de mieux pouvoir s’exprimer et s’ouvrir au monde

Inclure les nouvelles technologies dans leurs cursus d’apprentissage

Aujourd’hui, il va sans dire que les nouvelles technologies sont indissociables du développement du continent. Ils permettent de se former aux métiers de demain. Ainsi, pour espérer voir se développer les métiers de demain sur son sol, il serait aussi important de pouvoir les former dès le jeune âge : d’autant plus qu’ils sont curieux, motivés et apprennent vite. Les technologies sont un excellent facteur d’apprentissage rapide et efficace chez les jeunes enfants.

Proposer des filières en alternance :

Cela permettrait aux jeunes de coupler les formations théoriques et pratiques afin de mieux appréhender le monde professionnel et les préparer efficacement pour leur entrée sur le marché du travail (aussi bien pour les formations courtes que longues).

Proposer un meilleur système d’orientation des jeunes et diversifier les offres de formations post-bac :

En effet, au Tchad il existe bien évidemment, comme un peu partout en Afrique des formations que je qualifierai de « traditionnelles » (le droit, la médecine…) mais pas assez de formations d’excellences dans des domaines variés.

Certains pays tels que le Sénégal ou encore la Côte d’Ivoire proposent des formations d’excellences et reconnues sur leur territoire pouvant ainsi permettre d’éviter la fuite de leurs cerveaux. L’orientation au Tchad reste critique et malheureusement bon nombre de jeunes se retrouvent à faire des formations par défaut, à aller étudier à l’étranger où tout simplement à arrêter leurs études faute de solutions.

L’on pourrait promouvoir des filières plutôt techniques dans les différents secteurs (primaires, secondaires et tertiaires), et qui sont sources d’employabilité non négligeable.

Et enfin, le meilleur pour la fin : sensibiliser les écoles, universités… à l’entrepreneuriat en proposant par exemple des cours d’initiation à ce domaine

En tenant compte des besoins de l’économie et de son désir de réussite, l’éducation nationale passera aussi par un système de sensibilisation à l’entrepreneuriat. Même si l’objectif n’étant pas de former forcement de futurs entrepreneurs, les initier à l’entrepreneuriat, leur permettrait de se familiariser au monde de l’entreprise et de commencer à travailler à l’avance sur leur projet professionnel.

Les jeunes adopteraient une posture plus professionnelle et faire émerger déjà quelques belles idées : véritable gage de réussite. Et qui sait, l’on pourrait faire naître des vocations et encore plus d’emplois pour remédier au problème majeur de chômage des jeunes. La création de ses emplois passerait donc par la naissance de petites et moyennes entreprises : principales sources de recrutement et de création de richesses.


Les blogueurs, nouveaux leaders du continent africain

Aujourd’hui, beaucoup de jeunes Africains ont bien saisi l’importance majeure de la révolution numérique qui secoue le continent. En effet, le numérique est une des plus grandes chances de l’Afrique et nombreux sont ceux qui n’ont pas hésité à saisir les opportunités qui s’offraient à eux afin d’entreprendre dans ce domaine.

J’ai donc choisi de traiter dans cet article du « Blogging » et de ces jeunes générations qui influencent et révolutionnent la communication sur la toile.

Le Blog nouvel outil de communication à fort impact :

Un Blog, contraction en anglais de « Web log » est en quelque mot une sorte de carnet en ligne sur lequel sont publiés de façon régulière ou périodique des articles sur des sujets donnés.

Généralement, on tient un blog pour partager des points de vue et communiquer autour de sujets qui nous passionnent ou pour lesquels on souhaite y apporter un regard personnel et nouveau.

Et à force de cela, les jeunes Africains ont aujourd’hui envahi la blogosphère (l’univers des Blog) et communiquent sur des sujets qui soient d’actualités où de développement afin d’y apporter un regard critique. Ces acteurs du web se dotent de compétences clés et sont aptes à produire des contenus impactants et qualitatifs de manière précise et rapide. Ce canal de communication privilégié par les jeunes est également de plus en plus valorisé et reconnu en tant que nouveaux médias.

Faisons un retour en arrière : il y a de cela quelques années, au tout début des années 2000, lorsque j’entendais parler de Blog, cela faisait référence, notamment pour les jeunes générations, aux différents sites internet comme par exemple : « Skyrock Blog » lancé en 2002 en France. Celui-ci s’apparentait à un réseau social où chaque membre inscrit disposait d’un espace web personnalisé et pouvait y tenir une sorte de « journal personnel » et ainsi communiquer de manière libre sur les articles et thématiques choisies.

Nous sommes désormais loin de ces blogs uniquement à caractère social, puisque le monde évolue de plus en plus vite et le degré d’attente et d’exigence en matière d’information et de contenus est de plus en plus élevé. Ainsi les Blog sont devenus d’excellents moyens de diffusion rapide et précise des informations.

Blogueur, différent d’un journaliste ?

Selon moi, il est maintenant plus aisé de différencier un journaliste d’un Blogueur. Être Blogueur est devenu en soi une identité reconnue. Le journaliste est traditionnellement connu comme celui qui ne fait que traiter et diffuser l’information telle qu’il la reçoit tout en respectant le droit du public à l’information.

Tandis que ce qui anime avant tout le Blogueur c’est ce degré de passion tellement élevé qui fait de lui automatiquement quelqu’un de beaucoup plus libre. En effet, lorsque l’on est passionné par un sujet ou par ce que l’on fait, on mobilise beaucoup plus facilement d’autonomie et de rapidité à diffuser de l’information.

Le Blogueur lui ne fait pas que partager des informations. Il les commente et y apporte sa touche personnelle. Et les Blogueurs africains s’inscrivent parfaitement dans cette logique d’expression d’idées et de points de vue. Ils sont aujourd’hui les nouveaux leaders de l’information et participent mine de rien activement à cette Afrique en pleine mutation.

Qu’ils soient activistes, passionnés, ou qu’ils souhaitent tout simplement férus de rédaction et de communication, ces blogueurs incarnent aujourd’hui la nouvelle génération de leaders.

Afin de mieux illustrer cet article, je choisis de partager avec vous dans cet article quelques profils de blogueurs influents, même si leur nombre est important et que je ne peux tous les citer.

Cheikh FALL, une référence inévitable dans le monde de la blogosphère: 

Lorsqu’on parle de Blogueurs africains, le premier nom qui nous vient à l’esprit est Cheikh FALL, le célèbre blogueur sénégalais reconnu comme une pointure dans ce domaine avec sa plateforme « Sunu2012 ». Cette plateforme avait été créée pour assurer une veille dissuasive lors de l’élection présidentielle et permettre aux jeunes de prendre conscience de leur rôle dans le choix de leurs dirigeants. Ce projet à l’époque citoyen, lui aura permis d’être propulsé très vite à l’international et d’asseoir une notoriété et une légitimité remarquable. Aujourd’hui ce blogueur confirmé s’est fait une renommée internationale grâce à ses nombreuses actions en lien avec la cyber activité.

Blog: https://www.sunu2012.com/

Des jeunes femmes africaines qui bousculent le monde de la communication web :

Une des particularités de cette blogosphère reste la présence de Femmes qui se démarquent de plus en plus dans ce domaine et qui choisissent également de revendiquer leurs places plus que déterminantes dans le processus de développement du continent.

Dieretou DIALLO, la jeune prodige de la communication web :

Dieretou, DIALLO est une jeune entrepreneure, journaliste et blogueuse d’origine Guinéenne, passionnée d’écriture. Fondatrice de la web télé Entre Nous TV destinée à la diaspora guinéenne et initiatrice du collectif #GuineenneDu21esiecle . Elle a gagné l’Award du Meilleur Blogueur Guinéen 2016 aux Guinean Excellence Awards. Dans son Blog qu’elle tient pour Mondoblog, « devousamoi », elle y partage différents articles sur des faits de sociétés ou encore des chroniques sur des sujets divers touchant au continent Africain.

Son blog: https://devousamoi.mondoblog.org/

Diane-Audrey NGAKO, ambassadrice d’une Afrique riche positive, bien loin de tous ses clichés :

Toujours dans la catégorie des femmes, je pense aussi à la jeune camerounaise Diane-Audrey NGAKO, Journaliste, blogueuse et entrepreneure, cette jeune femme passionnée de voyage est entre autres la fondatrice de la plateforme « Visiterlafrique » qui, au travers d’un tour du monde de l’Afrique et de ses richesses, nous aide à repenser positivement l’Afrique et mettre fin à ces clichés que l’on entend encore bien souvent.

Son blog: https://www.visiterlafrique.com/

Le Tchad, vivier important de jeunes blogueurs talentueux :

J’ai choisi de finir ce petit tour de la blogosphère par un focus sur le Tchad, avec notamment le portrait de deux jeunes Tchadiens, influents sur la toile et leaders du changement au Tchad. Le Tchad, voit naître de plus en plus de jeunes qui profitent du développement du numérique pour mettre en avant leurs talents créatifs et écrits pour exprimer leur ressenti, et ce malgré les nombreux freins rencontrés.

Je pense notamment à :

Salim Azim ASSANI, un communiquant passionné et passionnant, leader du changement :

Surnommé le « Geek du Sud »  ou encore « Tonton TIC » pour les intimes, ce jeune informaticien Tchadien est également un des membres fondateurs de « Wenaklab », un collectif de jeunes passionnés issus de différents milieux professionnels de Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication. Ils se réunissent dans un espace de Coworking inédit qu’ils ont créé à N’Djamena (Capitale du Tchad) et travaillent à la réduction de la fracture numérique à leur manière.

Passionné de communication digitale et Pépite Mondoblog de l’édition 2011, il y tient un blog qu’il qualifie de « fourre-tout ». Il parle entre autre des maux qui minent la société dans laquelle il vit aussi bien de ce qui marche que de ce qui ne marche pas. Véritable addict des nouvelles technologies, Salim en parle souvent et n’a de cesse de mettre ses compétences dans ses domaines de prédilection au service de son pays afin de participer activement à son développement et à celui de sa jeunesse.

Son blog : https://lacoquette.mondoblog.org/

Chérif ADOUDOU ARTINE, journaliste de renom et véritable Maître dans l’art de la communication désenchantée

Chérif ADOUDOU ARTINE est un journaliste et blogueur tchadien, fondateur entre autre de la plateforme « cherifblogshow » qu’il qualifie lui-même d’ « égotrip ». Dans ce blog, Chérif y apporte un regard citoyen de la société Tchadienne des années « Deby » parfois avec un brin désenchanteur et humoristique. Qu’on aime ou pas son point de vue ainsi que les regards critiques qu’il apporte aux différents sujets, cet éternel optimiste, reste « persuadé que le Tchad qui faisait la fierté de ses parents n’est pas mort. » Son blog est donc le florilège de ce qu’il pense.

Son blog : https://www.cherifblogshow.com/

A l’instar de ces quelques leaders numériques cités dans l’article, notamment de par leurs influences, ces jeunes sont sûrs d’une chose : leur passion et leur détermination renforcent leurs images et notoriétés respectives.

C’est ainsi que certains médias de renom, n’ont pas hésité une seule seconde à croire en ces « pépites d’or » de la communication et les mettre en avant. Je parle entre autre de la radio RFI très présente sur le continent africain qui à travers Mondoblog, un programme porté par l’équipe de l’Atelier des Médias permet de faire émerger de plus en plus de talents de la blogosphère du monde francophone à l’échelle internationale et ainsi de participer activement à l’essor d’un contenu de qualité sur internet. Car oui, aujourd’hui tout le monde peut communiquer, mais rares sont ceux qui savent le faire avec efficacité.


Les jeunes, « nouveaux pauvres », mais future richesse du monde

Chaque 12 Août de l’année, les jeunes sont mis à l’honneur à travers la journée internationale de la jeunesse. L’occasion de faire un focus sur les problématiques rencontrées par les jeunes et ainsi mettre en avant cette force vive, déterminante dans le développement de nos sociétés.

Si l’on se base sur une des définitions du Larousse, la jeunesse est, je cite, « la période de la vie humaine comprise entre l’enfance et l’âge mur ».

C’est une période que j’appelle de « formation de la vie ». En effet, c’est à cet âge que les jeunes sont confrontés à des changements majeurs et qu’ils se doivent de faire face à de nombreuses étapes telles que par exemple : le choix de l’orientation scolaire, le besoin d’autonomie, la recherche  d’emploi qui requiert des responsabilités, la volonté de fonder une famille et subvenir à ses besoins …Toutes ces étapes auxquelles bien souvent ils ne sont pas préparés et pour lesquels ils se doivent d’apprendre « sur le tas »: des étapes qui concourent à faire du jeune une personne autonome et mature.

Il va sans dire que la jeunesse reste aujourd’hui le maillon fort de toute notre société. Éduquer son enfant et sa jeunesse est un gage de développement et d’investissement durable et rentable si je puis dire.

Les pays qui ont réussi à inclure les jeunes dans leurs stratégies de développement en tirent aujourd’hui des résultats positifs.

D’après un cercle de réflexion français, Youthonomics, qui avait établi le palmarès des pays favorables aux jeunes, on retrouve dans le classement de 2015, la Norvège, la Suisse et le Danemark, qui occupent les trois premiers rang des pays où il fait bon vivre pour les jeunes, en prenant en compte différents facteurs comme par exemple :  l’éducation, le marché de l’emploi, les conditions de travail et de vie ou encore la santé et le bien-être.

Cependant,une des particularités de cette étude est de voir que l’on retrouve des pays d’Afrique parmi le Top 5 des pays où les jeunes sont le plus optimistes. Entre autre : l’Ouganda, la Côte d’Ivoire, le Kenya, le Mali puis l’Afrique du Sud en 5ème position. Ce ratio ayant pris en compte les conditions actuelles des jeunes et leurs perspectives d’avenir. Cela laisse présager que tout est encore possible même s’il reste encore beaucoup d’actions à mener. On voit bien que la question de la jeunesse reste un élément clé. Par exemple, beaucoup de politiciens ne cessent d’inclure les jeunes dans leurs stratégies politiques mais encore faut-il qu’une fois les élections terminées, ces promesses se concrétisent par de véritables actions sur le terrain.

Comment leur donner accès à une éducation de qualité? Comment leur garantir une excellente santé et un meilleur bien-être ? Comment leur procurer des conditions de vie adéquates? Comment lutter contre la pauvreté? Comment faire de ces jeunes des personnes autonomes et responsables afin qu’ils puissent prendre part activement aux décisions importantes de leurs communautés? Comment leur garantir des emplois durables en lien avec leurs espérances ?  Comment faire de ces jeunes des ambassadeurs de paix ?

De nombreuses interrogations qui pour la plupart figurent dans les 17 objectifs de développement durable de l’ONU pour mettre fin à la pauvreté, lutter contre les inégalités et l’injustice, et faire face au changement climatique d’ici à 2030.

Si je peux faire un mini diagnostic, ce serait de dire que ce sont les jeunes et les femmes (notamment en Afrique) qui sont malheureusement les catégories les plus exposées à la pauvreté et à la violence. Je trouve d’autant plus vraie cette expression employée par le journal « Le Figaro » qui disait, je cite : « aujourd’hui, les jeunes sont les nouveaux pauvres ». Malheureusement cela semble bien souvent le cas, que l’on soit en Europe, en Afrique, ou sur un autre continent. Mais je rajouterai d’une façon optimiste que ces jeunes demeurent les « les futurs riches », il suffit juste de leur donner les moyens de se développer et d’exprimer leurs talents.

De part sa force, son jeune âge, sa motivation et son dynamisme, la jeunesse est synonyme d’espoir, de renouveau, de possibilité, de détermination. Quand on voit aujourd’hui ces jeunes qui arrivent à faire changer et bouger les choses, cela devrait nous conforter dans nos avis et réflexions. Qu’ils soient entrepreneurs, artistes, sportifs, politiciens, directeurs…ces jeunes graines choisissent d’apporter un souffle et un regard nouveau sur le monde.

Aujourd’hui, lorsqu’on voit tous ces jeunes être acteurs du changement, cela ne laisse présager aucun doute sur leur capacité à innover, décider, travailler, aider, promouvoir…tous ces verbes d’actions qui ne sont autres que des facteurs de développement.

Nous avons réellement besoin de changement, de positivité, de paix et d’éduquer très tôt ces jeunes à tous ces aspects humains: gage d’un réel investissement positif.

Pour ma part, je travaille beaucoup avec des jeunes ayant pour la plupart été confrontés très tôt à de réelles difficultés. Des difficultés que l’on croirait impossible à surmonter, surtout pour un jeune.

Mais je reste toujours aussi « scotchée » par leur capacité à y faire face pour la plupart mais aussi par leur volonté à espérer un lendemain meilleur. Ainsi je ne cesserai de le redire: les aider, en leur donnant les moyens d’être autonomes, est une véritable force puisque ce qui me fascine chez cette jeunesse, c’est cette capacité à rebondir et à toujours croire en l’avenir.

Aidons les jeunes en leur donnant les moyens d’être autonomes, de s’exprimer, d’oser…. et pour cela je reste convaincue que développer l’esprit d’entreprendre est un véritable moyen d’y parvenir.

Je ne dis pas que nous devons tous les former à être entrepreneurs, loin de là car il faut de tout pour faire un monde. Nous aurons autant besoin de chefs d’entreprises, de décideurs, de leaders, d’entrepreneurs, que de salariés, d’opérationnels, d’ouvriers…

Mais développer l’esprit d’entreprendre est quelque chose de fondamental pour les aider à penser à leur avenir et à dès maintenant s’inscrire dans une « démarche projet ». Cela enrichit notre optimisme et nous aide à devenir des gens déterminés et positifs pouvant être capables de visionner le futur.

Alors en cette journée internationale de la jeunesse, mes pensées les premières sont destinées à ces jeunes en difficulté partout dans le monde mais qui aspirent toujours à un lendemain meilleur. Pensées également à toutes ces personnes, structures, organismes, organisations, associations, entreprises, entrepreneurs, leaders,….. qui œuvrent en faveur d’une jeunesse plus forte et talentueuse et qui restent convaincus qu’il faut leur donner une place clé afin qu’eux aussi aspirent à un monde meilleur.

Vive la jeunesse, vive le monde, vive la VIE!

S.N


Les entrepreneurs sociaux : les lumières du continent africain, enclins aux défis énergétiques

Un constat alarmant mais pourtant bien réel :

Selon des données extraites de la Banque mondiale, l’Afrique subsaharienne « comptera 2 milliards d’habitants en 2040 et 4 milliards en 2100 ». En matière de population, le continent africain est celui où la croissance démographique est la plus élevée et où l’on enregistre une forte population jeune.

Des jeunes qui représentent une véritable source de richesse pour le développement du continent entier mais qui, pour autant, sont confrontés à des préoccupations majeures telles que le manque d’accès à une éducation, une formation, une alimentation et une santé de qualité pour tous, sans perdre de vue le chômage grandissant.

Plusieurs maux que l’on rencontre encore mais qui pour autant préoccupent les dirigeants des différents pays d’Afrique, à tel point que cette catégorie de population est une cible prioritaire dans les stratégies politiques et de développement.

En parallèle de cela, l’un des défis majeurs que doit relever le continent reste celui de la sécurité énergétique, surtout en Afrique subsaharienne : zone encore très contrastée par rapport au reste du continent en termes, notamment, de développement.

Toujours selon des chiffres tirés de la Banque mondiale, deux Africains sur 3 n’ont pas accès à des sources d’énergies fiables et modernes, alors que sa population ne cesse de croître.

Alors comment peut-on espérer voir un continent se développer rapidement et efficacement si les problèmes de base, si je puis dire, n’ont pas été résolus ? Comment peut-on comprendre que dans certaines zones du continent, l’accès à l’énergie soit encore un luxe pour une grande majorité de la population ? Comment envisager développer le milieu rural alors même que certaines grandes villes ou capitales y sont encore confrontées ? Plusieurs interrogations qui poussent à une certaine réflexion.

Et pourtant le continent est doté d’un potentiel majeur en la matière : à savoir notamment l’énergie solaire, mais également hydraulique ou encore éolienne qui sont des ressources importantes pour fournir l’électricité en majorité aux familles.

A l’heure des préoccupations sur le changement climatique et sur les enjeux de sécurité, la question de l’électrification du continent est centrale. Même si l’on remarque une prise de conscience majeure des différents dirigeants du continent, il reste encore beaucoup de choses à faire.

 

Deux pays en exemple :

Tandis que les pays dits développés en sont à rechercher d’autres solutions ayant un impact positif sur la planète, la plupart des pays d’Afrique en sont encore à chercher comment produire et offrir de l’énergie à leurs populations.

Le secteur énergétique en Afrique est riche mais pour autant, la majorité des pays ont du mal à le produire efficacement et en quantité suffisante afin de répondre aux besoins de sa population. C’est en effet sur le continent que l’on remarque des coûts élevés en termes d’électrification sur les factures.

Si l’on prend l’exemple de la Côte d’Ivoire, on remarque dans les médias que la population se révolte de plus en plus contre la cherté de l’électricité : une hausse qui selon le gouvernement ivoirien « devrait permettre à la Côte d’Ivoire d’éviter de faire face à de nouveaux déficits et à des délestages pour ainsi réaliser les ambitions qu’elle s’est donnée en matière de couverture et d’accès en électricité ».

Un autre exemple : celui du Tchad, qui quant à lui fait face à une crise énergétique majeure face à un manque de production et à un mauvais réapprovisionnement : ce qui menace entre autres beaucoup la sécurité des foyers tchadiens, mais pas que.

 

Les entrepreneurs, ces super-héros des temps modernes :

Même si on entend bien souvent dire que le continent est à la traîne en ce qui concerne notamment ce défi énergétique, je pense qu’il n’a rien à envier aux autres continents étant donné tout le potentiel important en matière d’énergies renouvelables.

En effet, ce potentiel est encore peu exploité et pour autant indispensable aux solutions alternatives étant donné que, contrairement à d’autres régions du monde, l’Afrique est dotée d’un potentiel important en énergies renouvelables exploitables pour opérer la transition énergétique. Il suffit donc de mettre en place des mesures efficaces tant au niveau national qu’international pour permettre une meilleure exploitation dans le temps.

Ce défi majeur est une véritable opportunité en termes de création d’activité pour le continent. Raisons pour laquelle les projets portés par les jeunes Africains dans ce domaine sont bien souvent valorisés et mis en avant lors de concours ou appels à projets à visée internationales.

C’est ainsi que les entrepreneurs arrivent comme de véritables « supers héros » à la recherche de solutions pour éclairer ces zones encore privées d’électricité. En effet, ils ont pris conscience de ce défi et proposent des solutions innovantes pour faire évoluer la situation pour ainsi parvenir à une utilisation autonome des sources d’énergie.

Ce qui est intéressant de voir, c’est que les entrepreneurs que je qualifie de « sociaux » qui participent à la résolution de ce problème majeur ne sont pas seulement issus des populations locales. En effet, je peux me permettre de citer l’entreprise « Power : ON », qui a été fondée par un jeune entrepreneur Français très engagé et inspirant : Tristan KOCHOYAN, afin de fournir de l’électricité aux villages les plus isolés d’Afrique. Cette entreprise œuvre actuellement au Bénin et a pour but de se développer sur tout le continent.

On pourrait également citer d’autres innovations locales qui participent à l’essor de ces solutions.

D’un point de vue international, je citerais « AkonLightingAfrica », la fondation créée par le célèbre chanteur sénégalo-américain Akon, qui a pour but de promouvoir l’électrification du continent africain ; ou encore « Energy for Africa », une association créée par Jean-Louis Borloo, un politique français, pour participer au développement de l’énergie en Afrique.

Les différents dirigeants du continent et de la planète se doivent de vraiment mutualiser leurs efforts et revaloriser ces acteurs locaux, nationaux et internationaux qui œuvrent pour des solutions concrètes et les inclure dans ces stratégies de développement.

Développer un pays ou un continent ne pourra se faire sans lui donner un accès à une électrification de qualité et accessible à tous. Cet enjeu majeur participe activement au développement socio-économique : il y va du rayonnement de l’Afrique sur le plan international.

 

Sources: Banque Mondiale

Le site et l’histoire de Power :ON :https://www.pwr-on.fr


Culture et entrepreneuriat en Afrique, deux faux amis ?

En naviguant par hasard sur les réseaux sociaux, j’ai découvert une publication qui m’avait particulièrement interpellée. C’était celle d’Ahmed Hassan ZEWAIL, un chimiste égyptien qui avait reçu le Prix Nobel de Chimie en 1999. Il déclarait je cite:

« L’occident n’est pas plus intelligent que nous, sauf que dans la culture occidentale, ils soutiennent celui qui échoue jusqu’à ce qu’il réussisse, et nous on massacre celui qui réussit jusqu’à ce qu’il échoue »

 

 

Une citation très critique mais à la fois pleine de sens.

Je constatais par la même occasion, que je n’étais pas la seule à qui cette citation avait pu faire un effet. C’est ainsi que je découvrais sur la page en ligne d’un réseau d’entrepreneurs, que je me réserve le droit de mentionner, une problématique très intéressante : « la culture n’est-elle pas un obstacle pour l’entrepreneur ? »

Une question très intéressante poussant à la réflexion, et pour laquelle je choisis d’y consacrer un article autour de deux axes complémentaires centré sur le continent africain.

 

 

A : le manque de culture d’entreprise :
Lors d’un précédent billet, j’avais eu l’occasion de traiter des différents facteurs de freins à la promotion de l’entrepreneuriat sur le continent africain. Et il s’avère que parmi ces freins, on y retrouve: la culture d’entreprise qui est peu ou pas développée.
Si l’on prend la définition à proprement parler du mot culture, d’après une source tirée du dictionnaire Larousse, on peut comprendre que la culture se définit comme étant

« l’ensemble des phénomènes matériels et idéologiques qui caractérisent un groupe ethnique ou une nation, une civilisation, par opposition à un groupe ou une autre nation ».

Et en occurrence, la culture africaine est très riche et variée. Le continent africain compte environ 55 états et une diversité culturelle immense qui peut différer au sein d’un même pays. Une culture donc très ancrée dans la tradition et qui relève de groupes ethniques ayant pour la plupart conservé leurs coutumes, dialectes, religions, croyances….

Malgré l’évolution du monde et des sociétés, on trouve encore dans différents pays d’Afrique des cultures ancestrales très marquées, notamment dans les zones dites « reculées » ou rurales ».
Pour en revenir à la citation du célèbre chimiste égyptien, je retrouve personnellement, une part de vérité. La différence dans l’évolution des mentalités complique certaines choses.
Qui n’a pas été confronté à des situations complexes liées aux différences de mentalités entre l’Afrique et les autres continents ?

Pour cela, je fais un focus sur les nouvelles générations  et plus précisément celles des jeunes issus de la diaspora exprimant le souhait de retourner occasionnellement ou définitivement dans leur pays d’origine ou de celui de leurs parents.

Si je prends l’exemple du Tchad, ce pays cher à mon cœur et dont je suis originaire, il était assez rare à l’époque d’entendre un jeune dire qu’après ses études il se lancerait dans l’entrepreneuriat. Ce n’était, en effet pas quelque chose de courant.

Travailler pour soi ? Créer sa propre entreprise ? Devenir autoentrepreneur ? Et de surcroît en tant que femme…chose quasi inexistante voire même impossible auparavant. Et pourtant les femmes sont celles qui s’orientent le plus dans des secteurs informels pour pouvoir espérer subvenir aux besoins de leurs familles.

J’entends encore aujourd’hui bien souvent dire que la femme ne devrait pas trop tarder à se marier de peur de se voir « finir vieille fille » si elle se focalisait trop sur son parcours académique et professionnel.

Le Schéma classique d’une jeune fille était qu’elle serait destinée à être mariée avec des enfants dans un foyer, alors pourquoi espérer aller de l’avant.

Mais heureusement, que certains jeunes, notamment jeunes femmes bousculent les mentalités et prennent le risque de changer ces clichés en prouvant qu’il n’est en rien impossible d’entreprendre tout en ayant une vie de famille épanouie.  Ou bien encore créer sa propre activité et réussir à en vivre.

La nouvelle génération d’entrepreneurs s’évertue à prouver qu’il est tout à fait possible de casser les codes de la culture traditionnelle en Afrique et de réussir à entreprendre, quoi qu’il arrive. Elle joue donc un rôle fondamentale dans l’évolution des mentalités et des cultures.

 

B : le désir de détruire celui qui y arrive :

Cela peut sembler un peu trop fort, mais la citation d’ Ahmed Zewail illustre ceux que j’appelle « les destructeurs d’avenir ».

Jusqu’aujourd’hui encore en Afrique, on a bien souvent du mal à soutenir, à accompagner où à promouvoir la personne qui ose et qui choisit d’entreprendre au lieu d’être assisté ou de compter sur les membres de sa famille. On a malheureusement tendance la plupart du temps à l’enfoncer et plus grave encore parfois même à l’éliminer : un problème nocif récurrent et à éradiquer d’urgence. Mais c’est à se demander si cela est ancré dans nos cultures ou si les cultures ancestrales encore trop présentes ont participé à créer ce phénomène dangereux.

Depuis mon enfance, on m’avait toujours évoqué la solidarité, comme une qualité majeure et très présente en Afrique, surtout du temps de nos aïeuls. Mais pourquoi aujourd’hui, la société en évoluant n’a pas pu et su garder cette qualité?
Je me dis que ceci pourrait s’expliquer notamment par la promotion de l’individualisme en lieu et place du communautarisme, de la solidarité. Tous les maux vécus en Afrique devraient au contraire nous aider à nous unir mais le culte de l’individualisme nous pousse à nous recentrer sur nous même, parfois même pire à prendre plaisir en voyant l’autre dans une difficulté. Or nous savons bien que comme dirait le dicton : « l’union fait la force ».

Mais comment se fait-il qu’en Occident, où justement cette culture de l’individualisme est beaucoup plus marquée, l’on ait des personnes qui soient accompagnées, promues et mise en avant lorsqu’elles initient des projets par exemple ?

Un des éléments de réponse qui me vient à l’esprit serait de dire, qu’on assiste de plus en plus à une promotion accrue de ce que l’on appelle « les réseaux ». Bons nombres de populations africaines ou d’autres origines vivant à la diaspora se regroupent en réseaux en fonction de leurs intérêts pour réfléchir ensemble à des solutions de développement pour leurs continents respectifs.

Je peux notamment citer quelques-uns qui œuvrent pour le développement économique et professionnel : Collectif OSER L’Afrique, le Réseau EFEPA (pour les entrepreneurs professionnels et entreprises de France et d’Afrique), le Réseau des entrepreneurs ivoiriens de la diaspora, AFAP (Association Femmes Africaines & Pouvoir), mais également des réseaux qui se créent au sein même des pays tels que par exemple au Tchad : le Réseau des jeunes pour le Développement et le leadership au Tchad, l’Union des jeunes entrepreneurs Tchadiens (UJET) ou encore le Réseau des jeunes leaders et Innovateurs du Tchad…pour ne citer qu’eux.

Ces réseaux qui se créent en fonction d’intérêts communs participent efficacement au développement du continent et des populations locales.
C’est à voir que le diction « l’union fait la force » entre de plus en plus dans les mœurs et l’entrepreneuriat y participe activement et positivement.
On devrait en Afrique, promouvoir davantage cette culture du travail et du mérite et bannir toute image de facilité. Ne dit-on pas là aussi que seul le travail paie? Les nouvelles générations se doivent de savoir que le chemin qui mène à la réussite n’est certes pas facile, mais tellement méritant et libérateur. Et quand je parle de cela, je fais notamment références aux jeunes femmes africaines, et de surcroît Tchadiennes.
Dans un proverbe sénégalais particulièrement, on dit je cite:  » pour qu’un enfant grandisse, il faut tout un village« ?

Alors pourquoi ce proverbe ne s’appliquerait pas autant pour la culture d’entreprise.
Si je puis me le permette, je dirai que « pour qu’un entrepreneur ose et réussisse, il faut tout un réseau » et je rajouterai dans le même sens que pour « pour que tout un pays se développe, il faut soutenir les créateurs car ils sont vecteurs de croissance et de développement ».

On a donc besoin de créer cet écosystème entrepreneurial pour ainsi voir émerger de jeunes profils qui osent, qui travaillent et qui prouvent que tout est possible à « qui rêve, ose, travaille et n’abandonne jamais ».