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Le 28 mai, une journée symbolique et « sang » tabou

Le 28 mai est une journée dédiée à l’hygiène menstruelle et « sang » tabou. Initié par l’ONG allemande WASH United en 2014, cet événement annuel vise à briser les tabous et à sensibiliser la communauté internationale sur l’importance d’une bonne hygiène menstruelle chez les femmes et en particulier les jeunes filles à travers le monde.

Cela fait 5 ans que cette journée existe pour rappeler au monde entier l’importance de briser les tabous autour des menstruations, un phénomène pourtant naturel, qui arrive tous les mois chez une femme en parfaite santé et qui pourtant reste un sujet tabou.

cc: Menstrual Hygiene Day

Pourquoi les menstruations restent encore un sujet « tabou » ? 

La première justification reste celle de la « honte ». La majorité des femmes expriment difficilement la situation et dissimulent leurs protections.

Une étude réalisée par la Coalition internationale pour la santé des femmes montre que la quasi-totalité des femmes utilise des euphémismes pour parler de leurs menstruations. Il existerait ainsi plus de 5000 expressions, selon cette même Coalition, pour évoquer cette période mensuelle.

Françoise Girard, présidente de la Coalition, explique au Washington Post : « En utilisant ces termes, on intériorise la honte, cela suppose que c’est quelque chose de mauvais, quelque chose dont on devrait avoir honte. La société vous dit que les règles sont quelque chose que les femmes devraient cacher. »

Les femmes elles-mêmes intériorisent ces clichés et alimentent ce sentiment de honte, de gêne véhiculé par l’ensemble de la population. C’est notamment le cas des publicités pour les protections hygiéniques qui entretiennent le mythe en montrant un fluide bleu en place et lieu du fluide sanguin rouge des règles. 

Rappelons tout de même que les substances contenues dans les protections hygiéniques et dans les tampons utilisés par les femmes peuvent être toxiques pour leur organisme, alors qu’elles font partie de leur quotidien. Bien que la coupe menstruelle soit une alternative efficace, elle est encore peu répandue.

cc: Pixabay

Il est par exemple mal vu de dire ouvertement, surtout en Afrique, « j’ai mes règles ». Et je peux le confirmer puisque moi-même je le vis. Beaucoup de femmes utilisent des termes pour l’exprimer : les anglais débarquent, je suis dans ma mauvaise période, les soldats rouges sont là, j’ai mes ragnagnas, je suis indisposée… Certaines même osent dire qu’elles sont malades, alors qu’il ne s’agit nullement d’une maladie, bien au contraire. Tout est bon pour éviter de se justifier ou de se couvrir de honte face au regard ardent des autres. Cela même va encore plus loin : entre femmes il existe un sentiment de gêne à parler de menstruations car on y voit directement une connotation sexuelle.

Le deuxième point est celui des croyances qui entretiennent la honte. 

Dans plusieurs endroits du globe, on peut entendre ça et là des croyances très souvent absurdes, oui absurdes pour renforcer l’isolement des femmes en période de menstruations. Je vous invite à lire cet article réalisé auparavant qui retrace quelques mythes autour des menstruations dans différents pays.

 

A lire aussi : 10 idées reçues à corriger pour la journée internationale des menstruations

Zoom sur la situation en Afrique

D’après l’UNESCO, une femme sur dix en Afrique ne va pas à l’école au moment de ses règles. Cela entraine un important décrochage scolaire pour les jeunes femmes. Au Ghana par exemple, les filles manquent plus de 5 journées de cours par mois à cause des équipements sanitaires insuffisants.

L’UNICEF estime qu’en Afrique, 66% des filles ne disposent pas d’une bonne information sur la menstruation avant d’être confrontées à leurs premières règles, ce qui rend l’expérience négative et parfois traumatisante. La même source indique aussi que sur le continent africain, une fille en âge de scolarisation sur dix s’absente régulièrement de l’école pendant ses règles. 

En Sierra Leone, par exemple, même quand les jeunes filles vont à l’école, celles qui sont en période de menstruations s’assoient au fond de la classe car elles ont peur d’émettre une odeur ou craignent une fuite sur leurs vêtements, d’après le site du Menstrual Hygiène Day. Tous ces chiffres très peu satisfaisants montrent à quel point le continent africain doit fournir encore de nombreux efforts quant à l’hygiène féminin. Des chiffres en effet très peu glorieux qui influent négativement sur plusieurs aspects de développement. 

cc: Pixabay

Des actions ou solutions efficaces existent-elles déjà ? 

On observe de plus en plus d’actions en tout genre afin de combattre ces tabous et rompre l’isolement des femmes à travers le monde. Des acteurs du changement osent prendre le lead pour briser les tabous et trouver des solutions efficaces et adaptées à ces filles et femmes. 

L’une des premières initiatives à rappeler est celle de l’ONG allemande WASH United, qui à travers cette journée a permis de rappeler ô combien ce sujet reste vital dans nos sociétés.

Des évènements sont organisés dans plusieurs pays par des organismes à but non lucratifs par exemple pour donner davantage de visibilité sur cette journée. 

On remarque de plus en plus d’ONG qui mènent des actions sur le terrain afin de combattre ce tabou, tels que l’UNICEF ou encore Plan International, qui font un travail encourageant mais encore insuffisant auprès des jeunes filles.

En Inde, le site Menstrupedia propose des bandes dessinées pour briser les mythes sur les règles et apprendre aux femmes à accepter cette période sans honte.

Des startups sociales voient le jour, comme par exemple KmerPad co-fondée par 4 jeunes africains dont la camerounaise Olivia Mvondo Boum est la représentante. KmerPad confectionne des serviettes hygiéniques lavables et réutilisables à des tarifs très avantageux pour les femmes. Une solution qui répond efficacement aux besoins des filles et femmes sur le continent africain.

cc: KmerPad

Enfin, on ne peut pas parler d’actions sans inclure le numérique au service de nombreuses bonnes causes. 

Il est important de rappeler qu’une première campagne numérique avait été lancée en 2017 (par mes soins) afin de briser la parole et relayer toutes les informations, actions et expériences vécues à travers le hashtag #RegleeCommeElle. La phase 2 du projet est toujours en cours mais prévoit de fédérer le maximum d’acteurs autour de cette campagne. 

A lire aussi : Campagne #RegleeCommeElle : les règles des femmes, c’est la vie !

Il serait judicieux, à mon humble avis, d’inclure dans ce combat tous les acteurs (y compris les acteurs publics surtout en Afrique) pour plus d’efficacité. Puisque ce sujet relève de la santé publique, il est plus que jamais important que les acteurs publics en fassent une affaire d’État et trouvent des solutions nécessaires. Pour ce faire, ils peuvent compter sur l’appui des ONG et autres organisations à but non lucratif mais également recenser toutes les solutions déjà réalisées pour les rendre encore plus performantes.

A mon humble avis, l’une des meilleures façons d’y arriver est d’inclure ce sujet dans le programme d’éducation nationale. C’est dès le bas âge que les jeunes filles et garçons doivent être sensibilisés à ces sujets.

Par exemple au Ghana, une étude menée pour le Menstrual Hygiene Day a montré que la scolarisation des filles avait augmenté après qu’elles aient reçu des serviettes hygiéniques gratuites et une éducation sur le sujet.

Le bien-être des femmes est menacé uniquement par défaut d’information, de protection et d’hygiène. L’éducation reste l’arme la plus puissante pour l’améliorer.


Le coup de trop, le coup de grâce !

C’est l’histoire de Mary, harcelée, battue et égorgée par son ex-conjoint et père de ses 5 enfants ;

C’est l’histoire d’Eve, humiliée, torturée et brûlée à l’acide par son mari sous le regard impuissant de leurs enfants ;

C’est l’histoire de Nadine, qui rentrait chez elle, épuisée après une longue journée de travail, et qui malheureusement croisa le chemin d’un inconnu qui ne lui fit pas de cadeau ;

C’est aussi l’histoire de Rebecca, victime de mutilations génitales dès son jeune âge et qui ne connaîtra jamais la maternité, tout cela à cause des nombreuses lésions subies suite à cette pratique encore taboue ;

C’est l’histoire de Yasmina, mariée de force à l’âge de 11 ans à un vieillard de sa communauté, alors qu’elle n’était encore qu’une enfant et qu’elle aspirait qu’à un avenir meilleur ;

C’est l’histoire de Manon, mariée à l’homme qu’elle croyait aimer et qui se retrouve à l’insulter, la menacer, la battre et la violer quand il rentre tous les soirs en état d’ébriété au foyer ;

C’est l’histoire de Malaïka, jeune et belle femme née albinos qui n’ose plus sortir de chez elle car menacée à plusieurs reprises de kidnapping et de meurtre pour ses organes qui rendraient soi-disant riches ;

C’est l’histoire de toutes ces femmes qui ont péri sous le coup de ces hommes. Hommes ? Ai-je bien employé le terme « Homme » ?

Croyez moi, ces histoires ne sont pas issues d’un scénario de film hollywoodien, mais bel et bien réels.

Ces tristes réalités existent dans notre monde, ce monde qui part à la dérive et qui oublie le sens même de notre existence : l’Humanité !

cc: Pixabay/Canva

Mary était était belle, jeune, pleine de vie et de projets, ayant une vision pour ses enfants et décidée à voir la vie du bon côté. Mais voilà : sa vie s’est arrêtée subitement et elle a vu son destin et celui de ses proches se briser.

Elle a eu le malheur de tomber amoureuse de cet homme qu’elle aura tant aimé et qui, ne supportant pas leur séparation, a décidé de lui ôter la vie. Mais qui est cet homme pour avoir un droit de vie ou de mort sur elle ? Mais qui est ce monstre qui, du jour au lendemain, arrive à passer du bien au mal sans même se soucier de l’avenir de ses enfants ? Oui, ces enfants qui dans bien souvent des cas sont des victimes de dégâts collatéraux.

Européenne, africaine, asiatique, métisse, catholique, juive, musulmane, bouddhiste, grande, petite, mariée, séparée, célibataire, divorcée… Ce mal qui ruine de plus en plus nos sociétés ne choisit pas sa cible sur un critère précis, seulement celui d’être une femme. Un être encore vu comme un maillon faible. Un être qui aime, qui se soucie du bien-être de sa famille et qui préfère se taire, laisser passer, pardonner par amour. Un être qui n’ose pas parler de son mal et qui préfère gérer seule.

 

CC: Pixabay/Canva

Tout commence par des mots, des paroles déplacées, des injures, des moqueries, des menaces puis vient le premier coup, ensuite le deuxième, puis le troisième, et les suivants, dans bien des cas, sous l’oeil impuissant des enfants….jusqu’à donner le coup de trop. Le coup de grâce qui viendra tout chambouler.

J’étais jaloux, j’étais en colère, je ne supportais pas de la voir dans les bras d’un autre.

Elle l’a cherché, elle a osé me répondre, je n’ai fait que lui donner une toute petite gifle… clameront-ils.

Mais « cette petite gifle », qui es-tu pour la lui donner ?

Au fond, la femme est certes l’être le plus fort que je connaisse sur Terre, mais au-delà de cette force interne qu’elle a, la femme est également un être fragile qui mérite toute attention.

Et toi ? Oui toi, comment es-tu venu au monde ? Dis-moi ! Penses-tu qu’il soit concevable qu’un homme de ton espèce ose porter mains sur ta mère sans que tu ne fasses rien ? Laisserais-tu un homme faire du mal à ta fille ? À ta soeur ? A ta nièce? A ta cousine ? Laisserais-tu réellement faire cela ? Alors pourquoi le fais-tu aux autres ?

Mais dis-moi pourquoi ?

Chut……Tu as raison pour une fois, tais-toi ! Baisse la tête et remets toi en question : car tu me dégoûtes !

cc: Pixabay/Canva

Parce qu’on ne résout rien avec la violence ;

Parce que toute personne sur Terre mérite d’être traitée avec dignité et respect ;

Parce qu’une femme est quelque part un être qui nous est cher à tous ;

Parce que c’est toi, c’est moi, c’est vous, c’est nous ;

Parce que les bras d’un homme sont faits pour protéger la femme de tout danger extérieur ;

Parce que la femme est cet être à la fois capable de tout abandonner par amour et de tout supporter pour vous voir au sommet de l’échelle ;

Parce que la femme forte, confiante, aimée et motivée est capable de déplacer des montagnes pour vous ;

Parce que le coup de trop peut bien être le coup de grâce, ;

Je lève ma plume et joins ma voix pour dire STOP aux violences de tout genre que subissent les femmes.

La lutte continue chaque jour.

Hommage à vous qui avez quitté ce monde, hommage à celles qui souffrent encore et encore et qui n’osent pas parler.

Brisons le silence, et ne restons jamais seules dans ce combat….

CC: Pixabay/Canva


Les 7 enjeux d’une culture numérique forte au Tchad

Tout est parti d’un tweet dans lequel un confrère blogueur, Annadjib Ramadane, déclarait : « Au #Tchad, la culture numérique se résume aux réseaux sociaux. Ce qui implique qu’on a encore beaucoup de retard, et qu’il y a pleins d’opportunités inexplorées dans le domaine. #Adjib »

Ce tweet se transforme ensuite en un article dans lequel Annadjib se pose la question de savoir s’il existe une culture numérique au Tchad. Question qui pourrait très vite interpeller. Je vous invite à lire son article ici : Y a-t-il une culture numérique au Tchad ?

Je me suis donc inspiré donc de cet article pour y développer à mes yeux les enjeux d’une culture numérique forte au Tchad.

Le Tchad peine encore à entrer dans la révolution numérique, et ce même si l’on constate de nombreux efforts et actions de la part d’acteurs locaux.

Avec un peu moins de 3% de la population connectée (selon les derniers chiffres de l’Internet Live Stats) et des tarifs de connexion qui restent encore très onéreux (par rapport aux autres pays d’Afrique), le Tchad fait partie de ces pays africains aux terres d’opportunités très larges et pourtant qui peinent à asseoir une véritable culture numérique.

Cependant, on remarque de plus en plus d’intérêts pour les Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Cet intérêt prôné par la plupart des jeunes tchadiens (entrepreneurs, étudiants….) n’est pas forcément accompagné par des actions concrètes des gouvernements locaux.

De plus, il est important de rappeler que la majorité de l’accès à la connexion internet se fait via le « téléphone mobile ». Et l’utilisation première chez les jeunes est entre autre celle de l’accès aux réseaux sociaux (en l’occurrence Facebook et Instagram qui sont les réseaux les plus prisés par les jeunes tchadiens). L’article d’Annadjib explique plus en détail ce volet.

Sans trop vouloir m’attarder sur ces aspects, je souhaite dans mon article mettre en lumière les enjeux non négligeables d’une culture numérique très forte au Tchad. Sensibiliser et former à la culture numérique au Tchad permettrait d’ouvrir un champ d’opportunité encore plus important, propice au développement du pays, à savoir :

  • L’éducation et la formation des jeunes tchadiens

Il va sans dire que la quatrième révolution est numérique. Et les pays d’Afrique (tels que par exemple le Rwanda, le Kenya ou encore l’Afrique du Sud) qui ont fait le pari de cette culture numérique ne le regrettent absolument pas.

L’éducation est la base de tout développement d’un pays et pour ce faire, le numérique révolutionne l’apprentissage des jeunes. De nouvelles méthodes d’apprentissage et de formations incluant le numérique permettront au Tchad de développer un intérêt pour les jeunes et surtout de les hisser au niveau des autres pays africains. Une nouvelle façon d’enseigner et de former doit s’imposer pour répondre aux exigences du monde du travail, qui lui ne cesse d’évoluer.

  • Le numérique et l’entreprise : le couple gagnant

Ce point découle parfaitement du point précédent. Aujourd’hui le marché du travail ne cesse d’évoluer et apporte avec lui tout son lot d’exigences. Que ce soit dans les fonctions techniques, administratives, ou commerciales par exemple, le numérique transforme l’entreprise et son approche client. Les entreprises locales, para-étatiques ou encore internationales doivent être en mesure de s’adapter à ces nouveaux besoins au risque de ne pas pouvoir répondre aux marchés actuels.

  • Permettre aux entrepreneurs locaux d’être à l’écoute du marché et de l’actualité économique et sociale

L’une des grandes difficultés pour tout jeune qui aspire à se lancer dans l’entrepreneuriat au Tchad reste la question de l’accès à la connexion. Aujourd’hui, il va sans dire que quasiment tout se passe sur le web. Que ce soit des annonces de formations, de concours, d’emplois, de missions, d’appels à projets… Il est plus que jamais important d’être constamment en veille. Et de nombreux jeunes passent à côté de belles opportunités décisives pour leurs carrières ou projets. Et par effet domino, c’est une grande perte pour le pays puisque mine de rien ces jeunes s’efforcent à créer de la valeur dans le pays, et sans une facilitation dans ce domaine, il sera d’autant plus difficile que les marchés internationaux s’y intéressent.

  • Sensibiliser davantage les filles et femmes à l’entrepreneuriat numérique

Les Technologies de l’information et de communication (TICs) sont un facteur important d’autonomisation des femmes sur le continent africain. Et très honnêtement, être une femme dans le secteur des TICs représente un véritable atout car il y a un intérêt mondial majeur en ce sens.

Les tchadiennes sont de plus en plus à l’écoute de ce secteur et saisissent l’importance d’être sensibles à la culture numérique. Mais le soutien public est là encore très peu présent. On peut saluer les initiatives qui naissent pour encourager les jeunes tchadiennes à s’intéresser à ce secteur très prometteur. De vastes programmes de sensibilisation, de formation ou encore d’accompagnement dans ces domaines doivent très rapidement s’intensifier pour espérer créer de la valeur.

  • Promouvoir la culture du pays à l’international et ainsi attirer davantage d’ondes positives

Un des aspects qui défavorise le Tchad reste l’image qu’en ont les autres du pays. Aujourd’hui, si vous essayez de la veille sur le Tchad en ligne, vous serez très rapidement déçus par le manque de contenus positifs. Et pourtant ce ne sont pas les belles initiatives qui manquent localement.

Malheureusement, de nombreux médias s’efforcent à véhiculer (parfois à tort) une image parsemée de clichés qui ne représentent pas dignement le Tchad. Et pour ce faire, la culture est un excellent levier de promotion positive du continent. Le numérique devrait être associé à ce secteur florissant et qui regorge de nombreux talents.

  • Résoudre de nombreux problèmes qui stagnent

L’entrepreneuriat est un excellent levier de développement au Tchad. Le besoin de créer des emplois se fait sentir, car la fonction publique est la voie la plus prisée par les tchadiens qui désirent démarrer une carrière professionnelle.

Que ce soit dans les domaines de la santé, de l’agriculture, des transports, des télécommunications ou encore du commerce, de nombreuses solutions naissent avec l’avènement du numérique. Et impulser une culture numérique au Tchad permettrait de voir éclore davantage de solutions majeures qui résoudraient des problèmes latents dans ces domaines.

  • Construire une culture numérique citoyenne

Parmi les principaux freins au décollage de la culture numérique en Afrique, on retrouve la peur des dirigeants politiques. Beaucoup de dirigeants politiques voient l’accès facile au numérique pour la population comme une menace, surtout chez les jeunes, alors qu’ils devraient voir tous les autres aspects déjà cités. Aujourd’hui, on voit de plus en plus éclore une communauté de cyber-activistes ou encore de jeunes entrepreneurs sociaux qui se positionnent comme des acteurs à part entière du changement.

Ils insufflent de nouvelles idées, de nouveaux moyens et de nouvelles solutions pour le bien-être social et citoyen. On ne va pas se cacher les choses : nos dirigeants politiques sont très souvent à bout d’idées nouvelles et peinent parfois à se mettre à la une de ce qui se passe. Il est donc plus que jamais important qu’ils puissent s’intéresser aux solutions nouvelles que ces jeunes apportent pour espérer un progrès efficace.

Je prends l’exemple ici du Concours de la voix des jeunes qui mérite d’être promu et développé au fil des années. Ce concours a su vraiment faire prendre conscience à de nombreux jeunes tchadiens qu’ils étaient chacun une solution à part entière pour le pays, sans compter les nombreuses valeurs qu’il prône.

La culture numérique ne se fera pas d’un claquement de doigts au Tchad, mais plutôt progressivement. Et pour cela, les dirigeants doivent d’ores et déjà voir le verre à moitié plein et s’engager pour faciliter l’accès au numérique. Ils auraient beaucoup à gagner, croyez-moi.

En parallèle, on devrait soutenir davantage toutes les organisations et tous les acteurs qui font un excellent travail de terrain à ce jour, à savoir : WenakLabs (une association qui lutte contre la fracture numérique au Tchad), l’ADESIT (une association qui s’engage pour le développement des TICs au Tchad) et bien d’autres encore qui prônent le numérique dans l’intérêt du développement socio-économique du Tchad.

Je reste convaincue qu’on tendra vers des résultats positifs en ce sens à condition de ne pas ménager nos efforts et si nos dirigeants prennent enfin le taureau par les cornes.


5 raisons pour lesquelles j’ai décidé de me faire une digital détox

Je me rends compte que cela va faire un bon bout de temps que je n’ai pas rédigé de billet sur mon blog, ce qui ne me réjouit pas du tout. Et il s’avère que lorsque je décide de revenir écrire, c’est pour vous expliquer que je me déconnecte un moment du web et des réseaux sociaux.

Il y a de cela quelques jours, mon ordinateur m’a lâché, après plus de 5 ans de bons et loyaux services. Complètement désemparée et abattue, je me suis rendue compte que j’en étais devenue accro et qu’avoir un souci avec mon ordinateur avait réussi à gâcher plusieurs journées de ma vie. Avec le recul, j’ai été complètement dégoutée de mon attitude. Comment, juste pour une machine, en venir à ne plus vouloir avancer, s’énerver, déprimer…. Bon, il est vrai que cet outil qui aura supporté mes joies et peines, échecs et réussites, inspirations et moments de doute absolu en avait marre. Il tentait de me le dire depuis quelques mois déjà, mais je n’avais rien voulu comprendre.

Heureusement, j’ai réussi à le sauver après plusieurs réanimations et entrées au bloc opératoire des experts en informatique. Il en est ressorti avec de nouveaux composants, pour plus d’efficacité, mais il m’a été recommandé d’y aller doucement au début afin qu’il puisse peu à peu recouvrer entièrement ses forces. C’est finalement comme un être humain, il a besoin de temps.

En parallèle de cela, cela va faire en effet près de 5 ans que je n’ai pas pris de réelles vacances ou encore que je ne me suis pas déconnectée du monde virtuel. Près de 5 ans durant lesquels j’ai enchaîné activités professionnelles, personnelles et projets pour l’avenir.

Et comme si cela ne suffisait pas, à la date où j’écris cet article, (c’est à dire le 15 Août 2018), mon téléphonefait une attaque et décide lui aussi de me lâcher. DECIDEMENT!!
Une chose positive dans tout cela : ces deux incidents m’ont amené à prendre du recul et à réfléchir sur le fait que je devais réellement penser à faire une coupure et de me déconnecter du web, surtout des réseaux sociaux. Or la période des vacances y est propice…

Je ne prendrai pas encore de vacances à proprement parler, mais je privilégierai une vie plus humaine que virtuelle.

Mais alors, me direz-vous, quelles sont été les autres raisons de cette décision? Eh bien je les partage avec vous ci-dessous. Voici donc les 5 véritables raisons pour lesquelles je choisis de me faire une « Digital Detox » (tout comme pour le corps humain, c’est à dire désactiver, éliminer tout ce qui a trait au digital et qui a un mauvais impact sur moi) afin de revenir à la rentrée plus performante que jamais.

cc: Pixabay

1: Parce que je commençais à devenir cyber-dépendante

En effet, mon activité professionnelle fait que je passe quasi tout le temps sur le web à faire de l’audit, des recherches, animer des pages pour mes clients, gérer des missions, rédiger des rapports, envoyer des mails….

Bien entendu, cela me pousse à être quasi tout le temps connectée sur les réseaux sociaux, et à subir le flot de notifications qui va avec. Ce qui pousse à tout le temps jeter un oeil sur les réseaux, tant pour soi que pour ses clients.

2: Parce que je passais moins de temps avec mes proches et plus de temps avec les personnes éloignées

C’est aussi cela le piège des réseaux sociaux. Ils vous éloignent des personnes proches mais vous rapprochent des personnes éloignées. Et malheureusement, ce temps consacré au web et aux réseaux sociaux, je ne le consacrais pas aux personnes proches de moi et ça en devenait ridicule.

3: Parce que j’ai envie de prendre beaucoup de temps pour moi, pour réfléchir, pour mes projets personnels 

Oui prendre du temps pour soi est une excellente chose. On se remet en harmonie avec soi-même et on prend le temps de se concentrer sur soi, ses objectifs, ses désirs, ses ambitions, ses projets. Cela fait également plaisir aux personnes qui vous sont proches.

Je trouve que nul ne nous connait mieux que nous même. Alors cette étape est capitale pour mieux avancer.

4: Parce que j’ai envie de me remettre à lire et à écrire

La lecture tout comme l’écriture sont d’excellentes thérapies. Le temps que vous passez à faire ces deux activités vous permet d’oser rêver plus grand, de développer votre esprit créatif et surtout de profiter jalousement de ces moments qui n’appartiennent qu’à vous.

Avant de me lancer dans le blogging en 2016, je lisais et écrivais beaucoup. Mais je me rends compte qu’en passant plus de temps sur le web, je sacrifie ces moments si précieux qui pourtant ne reviendront jamais.

5: Parce que j’ai envie d’avoir une bonne santé

En effet les écrans ont un pouvoir néfaste sur notre santé. Certes, ils nous facilitent bien la vie, par moment, mais ils cachent aussi souvent des désagréments, notamment sur la santé, la vue et le corps en général.

Je me retrouve à devoir porter des lunettes pour me protéger de la lumière bleue des écrans et sauvegarder mon excellente vue. Ce qui devient gênant. De plus, les douleurs ressenties au dos ou encore dans les doigts de la main suite aux mauvaises postures prises pendant la journée peuvent également avoir un impact très négatif.

Aujourd’hui, je décide donc d’arrêter de me connecter pour mieux me reconnecter. La vie est vraiment très courte, et rester cachée derrière un écran la plupart du temps est synonyme d’une perte de temps.

Alors je repars me ressourcer autrement, je vais privilégier les activités que j’aime tant faire: la photographie, la lecture, l’écriture, le sport, les balades…. et surtout me refaire une belle source d’inspiration pour attaquer la rentrée avec encore plus de forces, de volonté et d’Afroptimisme.

A très vite 😉


Le Basket-Ball Tchadien: entre panier d’espoir et identité nationale

Le sport, levier majeur dans le processus de paix et de développement en Afrique 

Le sport a une signification symbolique dans un pays et a déjà prouvé qu’il participait à résoudre bon nombre de problèmes (économiques, sociaux, touristiques…) C’est donc un vecteur de paix et de développement, car il dépasse aussi les limites des frontières géographiques et des classes sociales.

Par ailleurs, le sport est un excellent moyen de renforcer les liens entre les peuples d’une même nation et de promouvoir la fraternité, la solidarité, la justice et la non violence et je trouve dommage que certains dirigeants de pays d’Afrique n’en fassent pas une priorité. 

On a particulièrement la chance au Tchad d’avoir des joueurs qui ont l’amour de la pratique du sport, l’amour du pays et l’amour du peuple. Et voici qu’aujourd’hui, on ne peut pas ne pas soutenir au maximum ces jeunes : à travers leurs performances, ils réussissent à redorer l’image du pays qui, autrement, est déplorable sur la scène internationale.

Crédit : Equipe Nationale Tchadienne de Basketball

Le Tchad un pays aux exploits militaires mais pas que…

Pays d’Afrique centrale, le Tchad est connu pour ses exploits militaires et notamment pour sa totale implication dans la lutte contre Boko-Haram dans la zone Sahel. Mais au-delà de ça, ce pays est victime de nombreux événements qui ternissent son image, et la crise socio-politique qu’il traverse depuis quelques années ne vient en aucun cas améliorer les choses.

Mais une « bande de jeunes » (si je peux les appeler ainsi) passionnés de sport et amoureux de leur patrie sont venus changer le cours de l’histoire. En effet, mine de rien, ces jeunes sont de véritables ambassadeurs d’un Tchad du possible, d’un Tchad où l’espoir enfoui est présent et bien réel.

Ces jeunes dont il est question ne sont autres que les jeunes joueurs de l’Equipe Nationale de Basket-Ball qui, en dépit des nombreuses difficultés, ont su tenir bon et aller jusqu’aux matchs de qualifications pour le mondial de Basketball qui se tiendra en Chine en 2019.

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, souvenez-vous que je réalisais un article en Novembre 2017 dans lequel j’évoquais déjà cette équipe.

Article à relire ICI: De jeunes talents de l’Equipe Nationale de Basket-Ball font rebondir le Tchad

Malheureusement, au Tchad, le sport est un domaine qui est très souvent négligé, voire carrément oublié, alors qu’il est par excellence un grenier à talents. En dehors du basket-ball, on déniche d’excellents joueurs dans le football, le handball, la lutte traditionnelle, l’athlétisme…

Mais ces basketteurs ont réussi le pari majeur de fédérer tout un peuple autour d’une foi commune : l’amour du pays. A travers une communication stratégique notamment axée sur les réseaux sociaux, la Fédération Tchadienne de Basket-Ball a su se démarquer des autres fédérations de sport au Tchad qui peinent à décoller.

Crédit photo: Equipe Nationale de Basket-Ball du Tchad Création: @lafroptimiste

Des Tchadiens impliqués jusqu’au coeur

En effet, ces jeunes basketteurs qui se trouvent actuellement en Tunisie pour les matchs de qualification en vue du mondial en Chine ont failli déclarer forfait. Ce n’est pas la première fois puisque les footballeurs de l’équipe nationale ont également été confrontés à cela. Faute de moyens et de soutien effectif des instances étatiques compétentes, ces jeunes ont failli voir leur rêve filer sous leurs yeux.

En entendant le cri de coeur de la Fédération Tchadienne de Basket-Ball, plusieurs initiatives ont été prises. Et cela leur a finalement permis de se rendre en Tunisie pour affronter les autres sélections. Grâce à leur victoire face à la Guinée, ces jeunes se qualifient pour le deuxième tour et, par la même occasion, assurent leur place pour la Coupe d’Afrique Des Nations de Basket-ball en 2019 sans passer par les phases éliminatoires: une véritable performance.

 

Opération « j’aime les Sao Basket-Ball » organisée par la chaîne de Restaurant « Le Crunch » à N’Djamena (Tchad)

Une identité nationale affirmée et méritée 

Aujourd’hui il est gratifiant et honorant pour tout tchadien qui se respecte et qui aime son pays de voir une image du pays aussi positive.

Ces jeunes contribuent efficacement à réconcilier tout un peuple autour du sport et prônent la tolérance. Nombreux sont ces Tchadiens qui, à travers le monde, les supportent, croient en eux et s’unissent autour d’eux en espérant leur progression.

Et cela donne une excellente raison aux médias et aux recruteurs de clubs internationaux et panafricains de s’intéresser à tous ces jeunes talents qui, malheureusement, étouffent sous le poids d’un manque de soutien local.

Je reste plus que jamais convaincue que ces jeunes écrivent une excellente page de leur histoire, de celle du sport tchadien, plus particulièrement du basket-ball, et qu’ils ne seront pas oubliés de sitôt. Ils réussissent à donner envie aux générations actuelles et futures de s’y intéresser davantage et ils ont surtout réussi à nous démontrer que tout était possible lorsqu’on place l’amour au coeur de toutes actions, que l’on y croit à fond et qu’on n’abandonne jamais.

Supporter Tchadien en Tunisie – crédit : page Facebook @Equipe Nationale de Basket-Ball du Tchad

Pour suivre l’actualité de cette équipe sur les réseaux sociaux:

Page Facebook de la Fédération Tchadienne de Basket-Ball

Page Facebook de l’Equipe Nationale Tchadienne de Basket-Ball